Mercenaires de la guerre économique

David Carzon - ©2008 20 minutes

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Finis les RG et la DST. Demain, ces deux polices vont se fondre au sein de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), sorte de FBI à la française. Une nouvelle entité qui se consacrera aux opérations de renseignement.

Les missions les plus secrètes ne relèveront donc plus exclusivement de la Direction de la surveillance du territoire (DST). La question de leur contrôle reste toutefois en suspens puisque ses policiers bénéficieront de l'habilitation « secret-défense ». Pourtant, en matière de guerre économique, les scandales se succèdent, notamment à cause des liens étroits que les barbouzes officiels entretiennent avec les cabinets de renseignement privés qui usent de moyens amoraux, au mieux, pour parvenir à leurs fins. Ainsi, Olivier Besancenot, de la LCR, a porté plainte après avoir appris que sa vie avait été disséquée et mise en fiches par une officine privée entre octobre 2007 et janvier 2008. Bruno Gaccio, ancien auteur des Guignols, a connu le même sort.

Dernier épisode en date, Patrick Baptendier, un gendarme reconverti dans l'intelligence économique et la surveillance de personnalités, dénonce dans un livre l'hypocrisie de ce milieu et l'impunité de la DST (lire ci-dessous). Aujourd'hui, Patrick Baptendier est menacé d'un procès pour avoir donné à des cabinets d'intelligence économique des données confidentielles (relevés de comptes bancaires, écoutes téléphoniques, antécédents judiciaires...) que la DST lui avait elle-même fournies. Baptendier pensait être un instrument de la raison d'Etat. Il en a surtout été le jouet.