Richard Branson: «un ministre français m'a réclamé un pot-de-vin»

Vincent Glad

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British Airways a escamoté le patron de sa rivale Virgin Atlantic, Richard Branson, et toute référence à sa compagnie aérienne dans la version du dernier James Bond, "Casino Royale", projetée sur ses vols long courriers, a rapporté samedi le Daily Telegraph.
British Airways a escamoté le patron de sa rivale Virgin Atlantic, Richard Branson, et toute référence à sa compagnie aérienne dans la version du dernier James Bond, "Casino Royale", projetée sur ses vols long courriers, a rapporté samedi le Daily Telegraph. — Tony Karumba AFP/Archives

Richard Branson n'a pas arrêté ses célèbres frasques. Le patron de Virgin vient de lancer une petite bombe dans le milieu politique français en affirmant qu'un ministre français lui a réclamé un pot-de-vin d'environ 600.000 euros pour l'aider à obtenir l’ouverture le dimanche du Virgin Megastore des Champs-Elysées.

Il fait cette déclaration dans le magazine «Capital» du mois de juillet. Le Virgin Megastore des Champs-Elysées avait été dans les années 90 au centre de la bataille sur l'ouverture dominicale des magasins vendant des biens culturels en France.

«On m'a conseillé de ne pas ébruiter l'affaire»

«Un de vos ministres m'avait réclamé à l'époque un pot-de-vin d'un demi-million de pounds pour appuyer mon dossier ce que j'ai refusé», affirme, sans plus de précisions, l'homme d'affaires britannique.

«J'ai fait remonter l'histoire en haut-lieu. On m'a conseillé de ne pas ébruiter l'affaire et de patienter jusqu'au prochain remaniement ministériel. Quelques mois plus tard, j'obtenais gain de cause», ajoute-t-il.

Un ministre de Bérégovoy ou de Balladur?

En mai 1992, la ministre du Travail, Martine Aubry, Virgin avait refusé d'accorder aux magasins culturels le droit d'ouvrir le dimanche. Cette mesure avait été levée par le gouvernement Balladur en décembre 1993.

On peut donc imaginer que le ministre en question appartenait au gouvernement Bérégovoy ou au gouvernement Balladur. Michel Sapin, ministre de l'Economie de Bérégovoy, joint par 20minutes.fr, assure n'avoir jamais entendu parler de cette histoire. «On veut des noms, on veut des noms!», plaisante t-il.

«C'est juste de la diffamation»

En privé, un autre ministre d'importance de Bérégovoy s'énerve: «Si Richard Branson attaque quelqu'un, qu'il donne son nom et qu'il donne des preuves. Ce genre de déclarations, c'est juste de la diffamation!», dit il à 20minutes.fr. Un membre du cabinet de l'époque de Gérard Longuet, ministre de l'industrie de Balladur, assure également ne rien savoir: «Ou bien, c'est du pipeau, ou c'est vrai et Branson doit fournir des preuves».

Arnaud Boullin, le journaliste qui a réalisé l'interview de Richard Branson, explique qu'il n'a pas obtenu plus de détails. «Je ne vous dirais pas», lui a répondu le patron de Virgin lorsqu'il lui a demandé le nom de ce ministre. «C'est bien dans le caractère du personnage de faire ce genre de déclarations», analyse le journaliste.