La voix d'Uncle Ben's vaut-elle 180 millions d'euros?

PROCES L'acteur n'aurait pas été rémunéré pour sa phrase culte «C'est toujours un succès»...

avec agence

— 

Paquet de riz Uncle Ben's Original.
Paquet de riz Uncle Ben's Original. — no credit

Randall Garrett, l’homme qui se cache derrière la célèbre voix des publicités pour le riz Uncle Ben’s, réclame près de 180 millions d’euros pour «travail dissimulé, exploitation et diffusion illicite, notamment à des fins publicitaires et commerciales».

Il reproche à l’agence publicitaire d'Arcy Massius Benton et Bowles, ainsi qu’aux principales chaînes nationales, d’avoir très souvent exploité à la télévision un enregistrement de sa voix sans qu’il soit rémunéré en conséquence, entre 1995 et 1998.

Agé aujourd’hui de 63 ans, Garrett avait enregistré, en 1995, la phrase culte «c’est toujours un succès» pour la somme de 600 euros, sans contrat selon lui. Sa voix aurait été diffusée dans 29 spots de pub, alors que les avocats de l’agence parlent de deux occurrences.

Ses avocats ont souligné que leur client était bien un artiste-interprète qui devait avoir à ce titre un contrat à durée indéterminée et non un artiste de complément comme le défendent les avocats des diffuseurs et de l'agence.

L’arrêt de la cour d’appel est attendu le 9 octobre prochain.

Un artiste-interprète est «à l’exclusion de l’artiste de complément» une «personne qui représente, chante, récite, déclame, joue ou exécute de toute autre manière une œuvre littéraire ou artistique, un numéro de variétés, de cirque ou de marionnettes». Le code de propriété intellectuelle renvoie aux usages professionnels pour définir la notion d’artiste de complément. Les critères de brièveté de la prestation, d'importance qualitative ou quantitative relativement à l'œuvre sont souvent pris en compte, mais la qualité d'artiste-interprète peut être accordée à l'artiste dont la voix et l'interprétation sont identifiables, même si la prestation est de courte durée.