Nadine Morano sur les mères porteuses: «Si ma fille était stérile, je le ferais»

V.G.

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Le groupe de travail du Sénat sur la maternité pour autrui a proposé mercredi dans un rapport de légaliser, sous strict encadrement, la pratique controversée des mères porteuses, déjà autorisée en Grande-Bretagne et en Grèce, mais interdite en France.
Le groupe de travail du Sénat sur la maternité pour autrui a proposé mercredi dans un rapport de légaliser, sous strict encadrement, la pratique controversée des mères porteuses, déjà autorisée en Grande-Bretagne et en Grèce, mais interdite en France. — Jean Ayissi AFP/Archives

Connue pour être progressiste sur les questions de société, Nadine Morano ne faillit pas à sa réputation. La secrétaire d'Etat à la Famille se déclare vendredi favorable à un «cadre légal» encadrant le statut des mères porteuses afin de limiter les «dérives».

Interrogée sur la proposition mercredi d'un groupe de travail du Sénat de légaliser, sous strict encadrement, la pratique controversée des mères porteuses, elle répond dans «La Croix»: «Sur le principe, je n'y suis pas opposée, dès lors que la femme a un vrai problème de stérilité».

«Dès lors aussi qu'il n'y a pas marchandage du corps», ajoute-t-elle. «La gestation pour autrui doit faire l'objet de conditions très précises. Le couple demandeur doit être marié depuis longtemps et avec un vrai projet parental», estime-t-elle dans le quotidien catholique.

«Un geste d'amour»

Interrogée par Libération, elle affirme qu'elle serait prête à porter l'enfant de sa fille si celle-ci souffrait d'une malformation utérine: «Je le ferais. Pour moi, ce serait un geste d'amour». Problème: le rapport sénatorial recommande d'interdire la gestation pour autrui d'une mère pour sa fille et de légaliser le procédé entre deux soeurs. «Je me demande pourquoi. Si elle est en capacité physique et morale de le faire et si elle n’a pas de sœur?», se demande Nadine Morano.

Un brin contradictoire, Nadine Morano se déclare «d'accord avec l'ensemble des conditions posées» par le Sénat. «Pour moi la mère porteuse ne peut être en aucun cas la génitrice, c'est à dire la mère biologique. Par ailleurs il me semble important qu'elle ait déjà eu un enfant», précise-t-elle.