Série d'incidents à l'issue d'une manifestation de viticulteurs à Montpellier

V.G. (avec agence)

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Cibles de la colère des viticulteurs, les charges qui "nous asphyxient, nous étranglent", avait déclaré Xavier Fabre, avant son interpellation. Il avait évoqué le gazole qui ne cesse de grimper, les produits phytosanitaires qui suivent la même courbe. Quant à la retraite, "pourquoi cotiser si demain nous ne sommes plus là ? Pas de revenus, pas de cotisations!", avait-il lancé, sous un tonnerre d'applaudissements.
Cibles de la colère des viticulteurs, les charges qui "nous asphyxient, nous étranglent", avait déclaré Xavier Fabre, avant son interpellation. Il avait évoqué le gazole qui ne cesse de grimper, les produits phytosanitaires qui suivent la même courbe. Quant à la retraite, "pourquoi cotiser si demain nous ne sommes plus là ? Pas de revenus, pas de cotisations!", avait-il lancé, sous un tonnerre d'applaudissements. — Pascal Guyot AFP
Ils étaient plus de 10.000 à manifester mercredi à Montpellier pour «exprimer la colère» des viticulteurs du Languedoc-Roussillon confrontés à la baisse des prix du vin et réclamer des aides d'urgence du gouvernement.

La manifestation a dégénéré vers 23h quand des hommes cagoulés, issus du convoi de viticulteurs, ont commis des dégradations à l'Hôtel des impôts et à une agence du Crédit Agricole.

Sortis de bus et de voitures particulières partis en convoi un peu plus tôt de Montpellier, des hommes pour la plupart cagoulés et équipés de massues, ont cassé des fenêtres de l'Hôtel des impôts de la ville située à 25 km à l'est de Béziers. Ils n'ont pas pénétré dans les locaux.

Une salve de grenades lacrymogènes

Un autre commando a cassé un distributeur automatique de billets et des fenêtres et portes vitrées d'une agence du Crédit agricole, à une centaine de mètres de l'Hôtel des impôts, créant la stupéfaction dans la cité héraultaise, où des habitants prenaient le frais aux terrasses des cafés.

Les CRS qui avaient pris position à proximité, ont alors lancé une salve de grenades lacrymogènes en direction des manifestants qui se sont dispersés. La circulation dans le centre-ville était totalement coupée par la présence d'une quinzaine de bus et d'une vingtaine de voitures des viticulteurs qui occupaient toute la chaussée de la rue principale. Vers 23h30, ceux-ci sont remontés à bord des bus et des voitures et le convoi a quitté Pèzenas.

Incidents dans l'Aude

Par ailleurs, des viticulteurs ont pénétré dans un supermarché de Narbonne et y ont commis des dégradations, avant l'arrivée des forces de l'ordre, quelques heures après leur manifestation de Montpellier. Deux autres groupes de viticulteurs audois rentrant eux aussi de la manifestation à Montpellier ont mis le feu à des pneus sur deux ronds-points à Lézignan-des-Corbières et à Ginestas, a ajouté la gendarmerie.

Des viticulteurs ont aussi tenté d'incendier l'agence du Crédit agricole de Capendu à l'aide de pneus et de palettes enflammés dans la nuit de mercredi à jeudi, quelques heures après leur manifestation de Montpellier, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.

Le site Internet du «Midi Libre» a réalisé un reportage sur la manifestation de Montpellier, à l'heure où les choses n'avaient pas encore dégénéré.