Incendie de Vincennes: à qui la faute?

Sandrine Cochard avec agence

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Les deux bâtiments du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, le plus grand de France, ont été détruits dimanche dans un incendie provoqué par des personnes retenues dont une cinquantaine ont profité de la confusion pour s'enfuir.
Les deux bâtiments du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, le plus grand de France, ont été détruits dimanche dans un incendie provoqué par des personnes retenues dont une cinquantaine ont profité de la confusion pour s'enfuir. — Pierre Verdy AFP

Alors qu’un incendie a ravagé dimanche le centre de rétention administratif (CRA) de Vincennes, l’UMP accuse RESF de «provocations» inutiles aux abords du centre. Explications.

Que s’est-il passé?

Un violent incendie a détruit le centre de rétention administratif (CRA) de Vincennes, dimanche, en fin d’après-midi. Ce centre est le plus important de la région parisienne. 249 sans-papiers y étaient regroupés en attendant leur expulsion ou leur libération. Dimanche soir, 18 personnes légèrement intoxiquées par les fumées ont été évacuées vers l’hôpital parisien de l’Hôtel-Dieu.

Lundi matin, 1 retenu manquait à l’appel, (la préfecture avait annoncé 50 puis 14 personnes manquantes, dimanche soir et lundi matin) et se seraient enfuis, profitant du chaos suscité par l’incendie, selon la préfecture de Paris. Les pompiers ont fini lundi matin de fouiller les décombres du centre et n’ont trouvé aucune victime.

Un incendie volontaire
Selon la préfecture de police de Paris, il s’agit d’un incendie volontaire déclenché au lendemain de la mort d’un Tunisien de 41 ans, après une crise cardiaque, dont l’autopsie n’aurait rien révélé d’anormal. Un collectif de sans-papiers se serait alors rassemblé devant le CRA, dimanche, vers 15h, et des retenus auraient mis le feu à des matelas, selon l’AFP.

Une polémique avec RESF
Pour Frédéric Lefebvre, un des porte-parole de l’UMP, elle incombe aux collectifs comme RESF. «Il n’est pas tolérable que des «collectifs», type RESF (Réseau Education Sans Frontières) viennent faire des provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger des étrangers retenus», a-t-il déclaré lundi dans un communiqué. Et d’ajouter: «L’UMP demande que dans l’affaire de Vincennes toutes les conséquences soient tirées, y compris au plan judiciaire, si la responsabilité de membres de collectifs comme RESF était avérée.»

«C’est tout à fait stupéfiant de se voir pointer du doigt, a-t-on réagi lundi matin, auprès de 20minutes.fr, chez RESF. Si les retenus en sont à mettre le feu à leur matelas, cela montre bien leur degré de désespoir. Nous nous rassemblons justement pour dénoncer les conditions de rétention de ces personnes et nous ne sommes pas les seuls.»

Ces événements étaient-ils prévisibles?

La Cimade, seule association autorisée dans les CRA, a mis en cause dimanche un centre «non conforme à la réglementation», déplorant «la surdité de la préfecture de police et du ministère de l’immigration». Même constat pour France Terre d’asile qui affirme que ces «événements dramatiques étaient hélas prévisibles».

De son côté, Alliance (second syndicat de gardiens de la paix) a dénoncé lundi le «manque d’effectifs» de police au CRA de Vincennes. Dans un communiqué, Alliance «pose en outre la question de la légitimité de faire garder ce genre de CRA par les services de police» et se demande s’il s’agit bien là d’une «mission de police».

RASSEMBLEMENT

Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) a appelé dimanche soir à «un rassemblement devant le centre de rétention de Vincennes» mardi, à 18h, pour dénoncer la «honte pour la République» que représentent selon lui les centres de rétention.