L'appel sur les dangers du portable: un «coup marketing»

SOCIETE Les experts ne sont pas d'accord...

Kéthévane Gorjestani

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Une vingtaine de scientifiques, essentiellement des cancérologues, lancent un appel à la prudence dans l'utilisation des téléphones portables en l'absence de conclusions scientifiques définitives sur leur éventuelle dangerosité pour la santé.

Une vingtaine de scientifiques, essentiellement des cancérologues, lancent un appel à la prudence dans l'utilisation des téléphones portables en l'absence de conclusions scientifiques définitives sur leur éventuelle dangerosité pour la santé. — Ahmad al-Rubaye AFP/Archives

Après l’appel sur les dangers de l’utilisation du portable lancé par David Servan-Schreiber, et une vingtaine de spécialistes, dans «le Journal du Dimanche», l’Académie nationale de médecine (ANM) dénonce un coup de pub. Elle s’insurge contre une dramatisation de ces dangers relançant ainsi la polémique sur l’utilisation du principe de précaution.

Dans son communiqué, publié mardi, elle rappelle que «la médecine n’est ni de la publicité ni du marketing, et il ne peut y avoir de médecine moderne que fondée sur les faits. Inquiéter l'opinion dans un tel contexte relève de la démagogie, mais en aucun cas de démarche scientifique.» Pour l’Académie , «le principe de précaution ne saurait se transformer en machine alarmiste, surtout quand plusieurs milliards de portables sont utilisés dans le monde sans conséquences sanitaires apparentes depuis 15 ans.»

L’absence d’étude 100% fiables à ce sujet contribue au développement d’une inquiétude généralisée, comme en témoignent les nombreux articles et vidéos qui se multiplient sur le Net.

Le principe de précaution ne doit pas devenir une «machine alarmiste»

L’ANM reproche aux médecins de prôner l’application du principe de précaution dans l’utilisation des portables tout en admettant qu’«il n’y a pas de preuve formelle de la nocivité du portable.»

L’Académie se base sur les premiers résultats «rassurants» de l’étude Interphone conduite par l’OMS portant sur 13 pays, qui comparent l’intensité de l’utilisation du portable chez 3.000 malades atteints de cancers et chez des témoins. Ces résultats préliminaires ne montrent pas une incidence réelle sur le développement des cancers, même si on ne peut rien en déduire sur ce qui peut se passer après 20 ans d’utilisation.

Si l’Institut National du Cancer se montre réservé par rapport aux résultats de cette étude elle affirme tout de même dans ses conclusions qu’«il n’y a pas, dans l’état actuel des connaissances, d’association prouvée entre le risque de développer une tumeur maligne et le téléphone portable.»


Et vous, êtes-vous inquiets des conséquences de l’utilisation du portable sur votre santé? Donnez votre avis dans les commentaires ci-dessous.

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