Un récidiviste marseillais montre les limites du suivi

A Marseille, Frédéric Legrand - ©2008 20 minutes

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Le suspect avait déjà été condamné trois fois pour des actes pédophiles. Après avoir purgé sa peine, il était suivi. Pourtant, il a récidivé. Cet homme de 54 ans devait être mis en examen hier soir à Marseille après avoir été arrêté dimanche en flagrant délit de viol d'un garçon de 8 ans. L'enfant, qui jouait devant les immeubles d'une cité des quartiers nord, a été abordé par le suspect, qui lui a proposé une balade en scooter. Arrivé dans une rue proche, il aurait amené sa victime à lui faire une fellation, avant d'être interpellé.

Le suspect, Jean-Louis P., avait déjà été condamné en correctionnelle deux fois pour exhibition et deux fois pour agression sexuelle. Dans les années 1990, il avait avoué une cinquantaine d'agressions sexuelles, mais seules deux victimes avaient pu être entendues. Sa dernière con­damnation à dix-huit mois de prison remonte à 2005. Depuis sa sortie, il était suivi par un psychiatre et un juge d'application des peines d'Aix-en-Provence. « Tout avait été mis en place correctement, il allait régulièrement aux rendez-vous, souligne Jacques Dallest, procureur de Marseille. Cela montre les limites du suivi, et l'incertitude en matière psychiatrique. On est face à un abuseur sexuel, qui ne sait pas résister à ses pulsions. Et dans ce cas-là, même un bracelet électronique ne garantit pas contre la récidive. »

Le projet de loi sur la rétention de sûreté, qui prévoit de maintenir dans des hôpitaux fermés les criminels jugés dan­gereux, n'aurait pu s'appliquer à lui. Jean-Louis P. n'a en effet jamais été condamné par une cour d'assises.