Une entreprise condamnée pour avoir licencié un salarié qui voulait changer de sexe

SOCIETE Il avait été licencié pour «manquements professionnels»...

Avec agence

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Une entreprise montpelliéraine a été condamnée ce lundi par le conseil des prud’hommes local pour licenciement discriminatoire, après s'être séparée d'un de ses employés qui avait annoncé sa volonté de changer de sexe.

Le conseil a condamné l’employeur, Kaliop, une société multimédia, à verser 25.000 euros de dommages-intérêts à cet employé, devenu Clarisse, ainsi que 32.440 euros de rappel de salaires.

La Halde saisie


Embauché en juin 2005 en qualité de directeur administratif et financier, cet employé avait informé son employeur et ses collègues, quinze mois plus tard, de son intention de changer de sexe. Quelques semaines plus tard, il était licencié pour «manquements professionnels».

Clarisse avait saisi la Halde, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité. Lors de l'audience, le 31 mars, l'avocat de Clarisse, Luc Kirkyacharian, avait soutenu qu'il s'agissait de la part de l'employeur d'une démarche discriminatoire d'éviction professionnelle.

«Une première» selon le Collectif contre l'homophobie

L'avocat de la société, qui va faire appel de ce jugement, a estimé que l'employé n'avait pu fournir la preuve de ce qu'il avait été empêché de travailler et affirmé que lorsqu'il s'était présenté à l'entreprise avec un huissier, l'employeur lui avait dit qu'il pouvait travailler immédiatement.

Dans un communiqué, le Collectif contre l'homophobie, une association basée à Montpellier, a fait part de sa satisfaction après le jugement, «qui constitue une première en France», affirme-t-il.