Mariage annulé, polémique prolongée

David Carzon (avec AFP)

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L'affaire du mariage annulé parce que l'épouse avait menti sur sa virginité a continué de provoquer des remous tout le week-end. Dernier épisode en date : Rachida Dati a affirmé hier que la magistrate du tribunal de grande instance de Lille, qui avait pris la décision de cette annulation, a reçu des lettres de menace. Ni la garde des Sceaux ni son entourage n'ont voulu préciser la nature de ces menaces, mais elles sont suffisamment sérieuses pour que la magistrate visée s'en soit inquiétée.

La ministre de la Justice, qui a décidé de faire appel du jugement après l'avoir défendu dans un premier temps, a assuré qu'elle n'avait pas changé d'avis. « J'ai fait appel pour que les avocats puissent étayer leurs conclusions, leurs demandes », a-t-elle expliqué ajoutant que « ce n'est pas la non-virginité qui a impliqué l'annulation du mariage, c'est qu'il y a eu mensonge ».

Quant à l'épouse en question, elle apparaît dépassée par la polémique et craint les conséquences de l'appel du parquet. Selon son avocat, avec la médiatisation, « elle a été très traumatisée » et depuis l'appel « elle va très, très, très mal ». D'origine marocaine, âgée d'une vingtaine d'années, la jeune femme, musulmane comme son époux, est devenue, en quelques jours, à son insu, l'emblème des femmes bafouées. Quelques centaines de personnes ont manifesté samedi à Paris, Marseille et Nice.