LE CFCM, comment ça marche?

RELIGION Le musulmans de France élisent leurs représentants ce dimanche...

E. J.

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La Mosquée de Paris a salué lundi la mémoire du cardinal Lustiger, décédé dimanche, soulignant qu'il avait su entretenir des "rapports cordiaux" avec l'Islam.
La Mosquée de Paris a salué lundi la mémoire du cardinal Lustiger, décédé dimanche, soulignant qu'il avait su entretenir des "rapports cordiaux" avec l'Islam. — Jack Guez AFP/Archives

Une page se tourne au Conseil français du culte musulman (CFCM). Les élections renouvellent ce dimanche les instances de cette institution, minée par les crises à répétition et les luttes de pouvoir, et le départ du recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur. Présentation de l'institution.

A quoi sert le CFCM?

Le conseil français du culte musulman s'occupe de la construction des mosquées et des carrés confessionnels dans les cimetières. Il gère aussi l'abattage rituel des moutons pour l'Aïd, de la formation des imams, le commerce de la viande hallal, et aussi du pèlerinage à la Mecque. Il représente les musulmans en tant que communauté religieuse.

Quelles sont les tendances représentées?
Le conseil d'administration sortant compte 43 sièges qui sont actuellement ainsi répartis: Fédération des musulmans de france (FNMF, qui représente l'islam marocain) 19 sièges, grande Mosquée de Paris (GMP, algériens) 10 sièges, Union des organisations islamiques de france (UOIF, proche des Frères musulmans) 10 sièges, Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) 1 siège, Indépendants 3 sièges. Il existe également une Fédération française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles.

Comment se déroulent les élections?
4.862 délégués élisent les 25 Conseils régionaux du culte musulman (CRCM) ce dimanche. Ensuite, les conseils régionaux , réunis en assemblée générale, éliront le dimanche 22 juin le bureau exécutif et le conseil d'administration du CFCM. Et celui-ci choisira le nouveau président du CFCM. Pour résumer, le vote est un scrutin de liste proportionnelle, similaire comme pour les municipales à Paris, Lyon et Marseille.

Comment sont attribués les délégués?
Le nombre de délégués est calculé à partir de la surface des lieux de culte: une salle de prière de 100 m2 donne droit à un délégué, une mosquée de 301 à 400 m2 en donne 5, de 601 à 700 m2 8 délégués, une grande mosquée de plus de 800 m2 15 délégués. Enfin 18 délégués représentent la Mosquée de Paris. Depuis les dernières élections, en 2005, la FNMF a éclaté et a perdu beaucoup de ses membres -Marocains pour la plupart- au profit du Rassemblement des musulmans de France (RMF).

Pourquoi un Conseil du culte musulman?
Cette idée a été émise par Jean-Pierre Chevènement et Daniel Vaillant, ministres de l'Intérieur sous le gouvernement Jospin. Mais c'est un autre ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui a créé le CFCM en 2003. L'idée? Doter le pouvoir politique d'un interlocuteur institutionnel pour les questions religieuses.

Pourquoi le CFCM est-il contesté?

C'est la représentativité qui est contestée par certaines composantes du CFCM. La Grande Mosquée de Paris, qui représente les musulmans algériens, a décidé «à l'unanimité» de ne pas participer à ces élections et préconise «l'abstention» car elle «ne peut admettre de se voir reléguée à un rôle secondaire et une place insignifiante, voire fantomatique», a expliqué Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris et président du CFCM. Il dénonce des critères qui profitent à «des lieux de culte récemment édifiés, en périphérie urbaine voire dans les campagnes, qui ont des surfaces importantes» et qui favorisent «l'émergence d'une représentativité qui ne reflète en rien la sociologie de l'Islam». Ce critère était déjà contesté au moment de la précédente élection du CFCM mais la commission constituée pour étudier une nouvelle formule n'a pas fait de propositions.

Actuellement, la France compte environ 5 millions de personnes de culture arabo-musulmane, dont 1,5 million d'Algériens et 1 million de Marocains. Logiquement c'est donc aux Algériens - la Mosquée de Paris - de chapeauter le CFCM. Mais les Marocains, qui gèrent environ 40% des lieux de culte, affirment compter plus de musulmans pratiquants dans leurs rangs. Ils revendiquent donc la prééminence en réclamant du changement dans le mode de fonctionnement du CFCM.

Qui est candidat?
Le vice-président de la FNMF, Mohamed Moussaoui, est candidat à la du CFCM. Haydar Demiryurek, président du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), s'est aussi déclaré. L'UOIF et la GMP ne présenteront pas de candidats.