« Parti comme ça, on va dans le mur »

Flore Galaud - ©2008 20 minutes

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Cinquante mille personnes selon les syndicats, dix-huit mille selon la police ont défilé hier à Paris pour protester contre les dizaines de milliers de suppressions de postes attendues dès la rentrée dans la fonction publique. Une forte mobilisation qui a cependant moins touché les lycéens que le 24 janvier dernier. « C'est notre dernière manif, cela devient trop compliqué à gérer avec l'approche du bac », confie Damien, étudiant dans un grand lycée parisien. « Mais la mobilisation reprendra de plus belle dès la rentrée », assure le jeune homme.

Chez les profs, la colère est toujours bien palpable : « Parti comme c'est parti, on va droit dans le mur, s'exaspère une prof de français de l'académie de Versailles. Pourquoi le gouvernement refuse-t-il d'admettre que supprimer des postes va altérer la qualité de notre enseignement ? » Même constat pour Jeanne, 32 ans, aide-soignante : « Les heures sup nous crèvent et nuisent à la qualité de nos soins. »

Côté syndicats, on reste persuadé que la situation ne va faire qu'empirer. « On nous prend pour des imbéciles, ça va finir par péter », assure Denis, adhérent à la CGT. Plus que contre cette réforme, c'est contre toute une politique que la foule semblait remontée, comme l'attestent les nombreux slogans scandés. « L'attitude butée du gouvernement fait de plus en plus de mécontents », résume Bernard, de la CFTC. « Attendez de voir le bazar que ça va être pour la manif des retraites le 22 mai ! »