Mariage annulé faute de virginité: la polémique se poursuit

JUSTICE Des personnalités de gauche comme de droite sont montées au créneau ce dimanche...

Clémence Lemaistre

— 

La garde des Sceaux Rachida Dati a montré lundi qu'elle n'entendait pas transiger sur une minorité de magistrats au sein du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), contrairement aux aménagements au projet de révision constitutionnelle votés par la commission des Lois de l'Assemblée nationale.
La garde des Sceaux Rachida Dati a montré lundi qu'elle n'entendait pas transiger sur une minorité de magistrats au sein du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), contrairement aux aménagements au projet de révision constitutionnelle votés par la commission des Lois de l'Assemblée nationale. — Thomas Coex AFP

La polémique sur le mariage annulé faute de virginité s’est poursuivie ce week-end. Continuant de provoquer l’indignation des hommes et femmes politiques de droite comme de gauche, mis à part quelques voix discordantes, dont celle de la ministre de la Justice, Rachida Dati, ou encore celle du député UMP Hervé Mariton.

Apportant son soutien à la Garde des Sceaux, ce dernier estime en effet qu’on «peut considérer que le mensonge justifie la nullité de ce mariage». Et d’ajouter, dans le «Journal du Dimanche»: soit la jeune femme «répondait à son mari que sa vie d’avant ne le regardait pas, soit elle répondait honnêtement. Elle a choisi de mentir».

Le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian a lui aussi estimé dimanche, sur Radio J, que Rachida Dati était «dans son rôle de protéger les décisions de justice».

Faire appel du jugement

Certes, il n’empêche que la décision du juge est «une régression du droit et de la dignité des femmes», estime dans le même «JDD», la socialiste Ségolène Royal. «Le droit, plaide-t-elle, permettait parfaitement au juge de prendre acte de l'impossibilité de vérifier l'équivalent chez le mari et du coup, au nom de l'égalité homme-femme, de rejeter la demande. Après tout, les époux n'avaient qu'à divorcer».

Une opinion partagée par la socialiste Martine Aubry. «Je voudrais dire combien j'ai été époustouflée, scandalisée par la décision du tribunal de Lille d'annulation de mariage pour non virginité», a-t-elle déclaré de dimanche en concluant la journée des «reconstructeurs» du PS.

Proche de la gauche, mais membre du gouvernement, le haut commissaire aux solidarités actives s’est également exprimé sur ce jugement. Contredisant lui aussi Rachida Dati, Martin Hirsch estime qu'un «appel est nécessaire et qu'en cas de confirmation du jugement, il faudrait modifier la loi». Un tel jugement est «proprement inconcevable dans notre société», a-t-il déclaré au micro d'Europe 1, se disant «en colère» à ce sujet.