Autisme: un plan «volontariste» mais pas très concret

SANTE Les associations ont exprimé des doutes sur son application...

Avec agence

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Le gouvernement a lancé vendredi un second plan pour l'autisme, qui prévoit la création sur cinq ans de 4.100 places d'accueil supplémentaires et met l'accent sur le diagnostic et les nouvelles méthodes de prise en charge, en réponse à une forte attente des familles.
Le gouvernement a lancé vendredi un second plan pour l'autisme, qui prévoit la création sur cinq ans de 4.100 places d'accueil supplémentaires et met l'accent sur le diagnostic et les nouvelles méthodes de prise en charge, en réponse à une forte attente des familles. — Franck Fife AFP/Archives

La plupart des associations sur l'autisme ont jugé «volontariste» le plan gouvernemental présenté ce vendredi, qui prévoit notamment la création de 4.100 places d'accueil sur cinq ans, mais ont exprimé des doutes sur son application.

Pour Autisme-France, le plan «semble montrer une volonté politique de faire évoluer favorablement la situation de l'autisme en France», mais «manque cruellement de précisions sur sa mise en oeuvre concrète sur le terrain».

Impliquer les acteurs de l'éducation et du social

Les associations souhaitent également que ce plan ne soit pas réduit au secteur médical. Regrettant un «grand absent», le ministère de l'Education, Autisme-France constate que «le pilotage des mesures semble confié uniquement au secteur sanitaire».

Pour Marcel Hérault, de Sésame-Autisme, qui y voit un plan «ambitieux et volontariste», «il faut encourager le développement du secteur médico-social en multipliant les petites structures et aussi motiver les éducateurs».

4.100 places pour 6.000 à 8.000 bébés autistes

«Il ne faudra pas qu'on fasse de la garderie, mais qu'on s'appuie sur l'intelligence et l'affectivité des autistes pour qu'ils réussissent à vivre comme les autres», a-t-il souligné.

Autisme-France qui regrette que «seulement 4.100 places sur 5 ans» soient proposées «alors qu'il naît chaque année entre 6.000 et 8.000 bébés autistes», estime que la «pénurie va s'aggraver, notamment pour les adultes».

Inquiétudes sur la formation

Elle craint également que «les stratégies éducatives et comportementales ne soient pas mises en avant, alors qu'elles représentent une attente importante des familles». «On prévoit au mieux de recenser les méthodes et de pratiquer une expérimentation au compte-gouttes», alors que ces approches «ont fait leurs preuves à l'étranger depuis des années», dit-elle.

Autisme-France émet aussi des craintes sur la mise en œuvre de nouvelles méthodes, en s'appuyant sur les dispositifs existants «qui ont montré leur immobilisme». Sa vice-présidente Agnès Woimant s'interroge notamment sur la «capacité d'évolution des professionnels» du secteur. La formation devrait, souhaite l'association, s'appuyer sur des professionnels internationaux qui puissent évaluer leur contenu.