Service minimum: Sarkozy «a franchi la ligne rouge» selon les syndicats

Avec agence

— 

Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi un "projet de loi" avant l'été instaurant un "droit à l'accueil des enfants" dans les écoles primaires les jours de grève, au soir d'une forte mobilisation du secteur éducatif, provoquant l'indignation des syndicats pour qui il a "franchi la ligne rouge".
Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi un "projet de loi" avant l'été instaurant un "droit à l'accueil des enfants" dans les écoles primaires les jours de grève, au soir d'une forte mobilisation du secteur éducatif, provoquant l'indignation des syndicats pour qui il a "franchi la ligne rouge". — Frederick Florin AFP

Nicolas Sarkozy a «franchi la ligne rouge». L'analyse du syndicat d'enseignants FSU résume bien l'état d'esprit général des syndicats après l'annonce hier par le président d'un «projet de loi» avant l'été instaurant un «droit à l'accueil des enfants» dans les écoles primaires les jours de grève.

La mobilisation de jeudi «manifeste des attentes fortes (et), au lieu de répondre à ce mouvement (...), il parle d'autre chose», explique le chef de file de la FSU, Gérard Aschieri. Pour Gilles Moindrot (SNUipp-FSU, majoritaire dans le primaire), ce sont de «mesures autoritaires» qui «frisent la provocation». A ses yeux, il s'agit d' «une nouvelle diversion» du chef de l'Etat qui n'a formulé «aucune réponse aux demandes d'ouverture de discussion pour désamorcer le conflit». L'Unsa-Education a dénoncé un «cinglant mépris» du président et le Sgen-CFDT a estimé que celui-ci jouait «la carte de la provocation».

«La carte de la provocation»


Au soir de sa première expérimentation, le 24 janvier, le ministre de l'Education Xavier Darcos (Education) avait annoncé qu'il chercherait sur cette question un accord avec les syndicats «dans les deux mois», sans quoi il passerait «par la loi». Mais selon ces derniers, aucune discussion n'a été engagée.

«C'est ça faire de la politique»

Du côté des parents d'élèves la FCPE craint que la mesure risque de créer«des tensions entre les parents et les enseignants». Chez les syndicats lycéens, l'UNL a regretté qu'on «jette de l'huile sur le feu», en plein mouvement social, et la Fidl s'est dite «scandalisée».

La veille, en Conseil des ministres, Nicolas Sarkozy avait rendu hommage à M. Darcos sur le SMA. «C'est très bien d'avoir lancé le débat sur le service minimum. Ce débat a permis de faire passer au second plan la grève en elle-même. C'est ça faire de la politique !», a dit le président, selon un membre du gouvernement.

Le service minimum, mauvais timing, mesure scandaleuse ou promesse tenue ? Pour réagir cliquez ici
Le SMA : le service minimum d'accueil (SMA), appliqué par 2.837 communes (sur 22.500 comprenant au moins une école), consiste à rémunérer des agents municipaux pour garder les enfants grâce aux retenues sur les salaires des grévistes.