Fourniret se raconte en « braconnier »

A Charleville-Mézières, - ©2008 20 minutes

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On préférait presque quand il se taisait. Petites lunettes cerclées et courte barbe de professeur d'opérette, Michel Four­niret est revenu hier sur ses deux premiers meurtres présumés, ceux d'Isabelle Laville et Fabienne Leroy, mais à sa manière, celle d'un Trissotin macabre et provocateur.

Pendant trois heures, il a raconté ses « rencontres » avec ses victimes ou leurs « accostages », se perdant dans d'interminables digressions. A chaque fois, il a impliqué son épouse et coaccusée Monique Olivier, qui nie toute participation, prostrée à ses côtés. A aucun moment il n'a voulu reconnaître la préméditation évidente de ses crimes, préparés par le couple qui partait chasser en camionnette.

D'Isabelle Laville, sa première victime présumée, violée et étranglée à 17 ans le 11 décembre 1987 à Auxerre, il a expliqué qu'« elle a été l'instrument du destin placé sur ma route, comme le braconnier qui s'en va sans savoir s'il va ramener un faisan, un garenne, ou rien du tout ». Une phrase dans le pur style Fourniret qui a provoqué l'émoi. Quelques minutes plus tard, il racontait comment Monique Olivier a tenu en joue Fabienne Leroy, le 4 août 1988, alors qu'il agressait la jeune femme de 20 ans. « Monique tenait l'arme d'une manière si maladroite que Fabienne a dû en être divertie », lâche-t-il sans ciller. « Divertie ? Vous rendez-vous compte de vos paroles ? », s'insurge l'avocat général. « Je confirme, je ne cherche pas à vous convaincre, je dis ce que j'ai dans la tête », réplique Fourniret.

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