Nouvelle-Aquitaine: Polémique sur des copies du brevet non corrigées car rédigées en basque

REGIONALISME L'académie de Bordeaux a indiqué ce mercredi que 179 copies du brevet des collèges, en épreuves de sciences, n'ont pas été prises en compte car rédigées en Basque...

Mickaël Bosredon

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Illustration brevet des collèges.
Illustration brevet des collèges. — F. DURAND / SIPA
  • L'académie de Bordeaux s'en remet à la législation en vigueur.
  • La Région Nouvelle-Aquitaine déplore que des collégiens soient pénalisés.
  • Une centaine de personnes a manifesté ce mercredi à Bordeaux.

Les copies du Brevet de quelque 179 collégiens, composées en langue basque sur leurs épreuves de sciences, n'ont pas été prises en compte, a annoncé ce mercredi l'Académie de Bordeaux.

Précisément, l'académie explique que « les copies ont été corrigées en distinguant les parties d’exercices rédigées en basque qui, conformément à la réglementation, ne pouvaient pas bénéficier de points ; et les parties appelant un type de réponse autre que rédigé (schémas, calculs, formules mathématiques…) lesquelles, si elles étaient correctes, ont pu obtenir des points. »

«Nous avons la conviction qu'une nouvelle politique linguistique est mise en place par Jean-Michel Blanquer»

Une décision qui n'a pas manqué de faire réagir la Fédération des écoles immersives en basque Seaska, soutenue par le conseil régional d'Aquitaine.

« Nous avons la conviction qu'une nouvelle politique linguistique est mise en place par Jean-Michel Blanquer (le ministre de l'Éducation) », a regretté le directeur de Seaska, Hur Gorostiaga, évoquant en outre une réduction de postes d'enseignants en euskera (la langue basque).

A l'appel de la Seaska, une centaine de personnes, parents d'élèves et enseignants, ont manifesté mercredi matin devant le rectorat de Bordeaux, certaines s'enchaînant symboliquement aux grilles du bâtiment.

« La reconnaissance des langues régionales est au cœur du projet de la Région qui la met en œuvre avec les acteurs, les associations et dans un dialogue construit de longue de date avec le Rectorat. Il est donc important que les objectifs communs soient respectés et qu'en tout premier lieu les collégiens ne soient pas pénalisés » explique pour sa part Charline Claveau-Abbadie, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine en charge des langues régionales.

Le député des Pyrénées-Atlantiques Vincent Bru s'est aussi « étonné » de la position du rectorat de l'académie de Bordeaux:

Le recteur avait rappelé les éléments de cadrage pour 2018

Le rectorat rappelle pour sa part la législation: « pour les épreuves du Diplôme National du Brevet, les élèves des classes de troisième des sections bilingues français-langues régionales sont autorisés à composer en langue vivante régionale pour l’épreuve d’Histoire-géographie/EMC. Dans l’académie de Bordeaux, par autorisation spéciale à titre expérimental, les élèves des classes de troisième des sections bilingues français-langues régionales sont de surcroît autorisés à composer en langue vivante régionale pour l’épreuve de mathématiques. Seules les disciplines pré-citées sont donc concernées par la composition en langue régionale basque et leur énoncé est libellé en langue basque. »

Et si en 2017, « des élèves avaient tout de même composé en langue basque lors de l’épreuve de sciences » et que « le recteur avait à titre tout à fait exceptionnel accepté que soit pris en compte, lors de la correction, ces exercices rédigés en basque », le même recteur « a par deux fois rappelé les éléments de cadrage pour la session 2018. »