Non, l'imam de la grande mosquée de Toulouse n'est pas ignoré par la justice

Justice Contrairement à ce qu'affirme le site « La Gauche m'a tuer », l'imam de la grande mosquée de Toulouse fait bien l'objet d'une enquête pour déterminer s'il a tenu un sermon antisémite lors d'un prêche...

Alexis Orsini

— 

La publication Facebook du site « La Gauche m’a tuer »  appelant à l'expulsion de l'imam prétendument non inquiété par la justice.
La publication Facebook du site « La Gauche m’a tuer » appelant à l'expulsion de l'imam prétendument non inquiété par la justice. — Capture d'écran
  • Le 29 juin, le site « La Gauche m'a tuer » s'indignait que l'imam de la grande mosquée de Toulouse ne soit pas « inquiété par la justice ».
  • Il est soupçonné d'avoir tenu des propos antisémites lors d'un prêche en arabe.
  • Le parquet de Toulouse a bien ouvert une enquête pour déterminer s'il s'agit d'une incitation à la haine.

« L’imam de la Grande Mosquée de Toulouse appelle au meurtre des Français, il n’est pas inquiété par la justice. Partagez massivement ». Le 29 juin, sur sa page Facebook, le site d’opinion proche de l’extrême droite « La Gauche m’a tuer » mise sur ce titre évocateur - et son appel à l’expulsion de l’imam - pour susciter l’indignation des internautes.

L’article en question est signé de Mike Borowski, rédacteur en chef de la plateforme, qui se défend en introduction de rédiger « des textes sur des informations erronées pour faire le buzz sur internet. » Il présente pourtant comme véridiques des faits erronés sur Mohammed Tataï, l’imam de la grande mosquée de Toulouse accusé d’avoir tenu un sermon antisémite lors d’un prêche tenu en arabe le 15 décembre 2017 et visible dans une vidéo.

Il y affirmerait notamment, selon la traduction assurée par l’association américaine Memri, consacrée aux questions géopolitiques du Moyen-Orient : « [le prophète Mohamed] nous a parlé de la bataille finale et décisive : le Jugement dernier ne viendra pas jusqu’à ce que les musulmans combattent les juifs ».

Une enquête ouverte par le parquet de Toulouse

Pourtant, le jour même de la publication de l’article de « La Gauche m’a tuer », le parquet de Toulouse ouvrait justement une enquête, comme l’avait expliqué 20 Minutes, afin de vérifier la véracité des propos en question - et s’ils constituent un délit d’incitation à la haine.

Mohammed Tataï fait donc bien, depuis le 29 juin, l’objet d’une enquête : le Service régional de police judiciaire est chargé de « vérifier le contenu et les modalités de cette diffusion ».

Le lundi 2 juillet, l’imam a en outre dû s’expliquer sur ce sermon auprès de la grande mosquée de Paris (GMP), où il a exprimé ses regrets, selon Dalil Boubakeur, recteur de l’établissement et ancien président du Conseil français du culte musulman, information là encore reprise par 20 Minutes : « L’imam Mohammed Tataï proteste vivement de sa bonne foi. Il s’excuse profondément auprès de ses amis de la communauté juive de Toulouse et de France de l’interprétation décontextualisée de ses propos. »

>> Vous souhaitez que l’équipe de la rubrique Fake off vérifie une info ? Envoyez un mail à l’adresse contribution@20minutes.fr.

20 Minutes est partenaire de Facebook pour lutter contre les fake news. Grâce à ce dispositif, les utilisateurs du réseau social peuvent signaler une information qui leur paraît fausse.