L'UMP et Nicolas Sarkozy s'en prennent à la presse

POLEMIQUE Le président et le parti majoritaire reprochent à l'AFP et à des titres nationaux...

Avec agence
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Le président Nicolas Sarkozy s'en est pris mercredi à la presse, l'accusant notamment de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-collaboratrices, selon des participants à une réception des députés UMP à l'Elysée.
Le président Nicolas Sarkozy s'en est pris mercredi à la presse, l'accusant notamment de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-collaboratrices, selon des participants à une réception des députés UMP à l'Elysée. — Claude Paris AFP/Archives

L’UMP et Nicolas Sarkozy mettent en cause les médias. Dernière charge en date, celle du parti majoritaire contre l’AFP. L'UMP a de nouveau accusé mercredi soir l'Agence France-Presse de «censure» pour n'avoir pas diffusé un de ses communiqués. Sous le titre «Deux poids, deux mesures», le parti présidentiel reproche à l’agence de presse de ne pas avoir repris un nouveau communiqué concernant la condamnation (en appel le 10 avril à Rennes) de Ségolène Royal dans un litige avec d'anciennes collaboratrices.

Dans un communiqué signé de ses trois porte-parole, l'UMP «regrette que, sous couvert d'une ligne éditoriale, l'AFP censure un parti politique dont l'action est reconnue dans la Constitution». Le parti affirme que ce nouvel épisode «pose la question de la situation de quasi-monopole de l'AFP, de sa soi-disant ligne éditoriale et de l'objectivité qui lui est demandée dans ses statuts».

«Putain 4 ans !»

Quelques heures auparavant, c’était le président de la République qui avait mis en cause plusieurs médias, lors d'une réception à huis clos des députés UMP à l'Elysée. Selon plusieurs participants, Nicolas Sarkozy a accusé «le Parisien», «l'Express» et l'AFP de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation Ségolène Royal. Il a aussi, selon plusieurs témoignages, reproché au «Journal du Dimanche» de ne pas avoir publié dans son édition papier un sondage plus positif que les autres sur sa récente intervention à la télévision. Il a encore visé «Marianne», dont la dernière Une titrait, sur une photo du président, «Putain 4 ans!».

«Cette attitude n'est pas digne, ni de la fonction que (M. Sarkozy) occupe ni du respect que l'on doit au pluralisme de la presse», a jugé François Hollande, numéro un PS. Le député PS Patrick Bloche a prôné un «renforcement» de la loi pour «garantir» la «liberté éditoriale» des médias.

Critiques au sein de l’UMP

Certains UMP se sont démarqués du dernier communiqué de leur parti contre l'AFP. Pour l'élu parisien Bernard Debré, «c'est une méthode inefficace, inamicale et inutile»: «Si on n'arrive pas à faire passer un communiqué, c'est qu'il n'est pas intéressant.» «Il y a une forme de déchaînement médiatique vis-à-vis de Sarkozy depuis plusieurs mois qui explique la nervosité à l'UMP», juge pour sa part Alain Gest, député UMP de la Somme.

Mercredi soir, l'UMP a réagi à une condamnation par les syndicats de l'AFP de «pressions exercées par le porte-parole Frédéric Lefebvre».

Celui-ci avait lancé la charge le 1er mai en déplorant, par lettre ouverte au PDG de l'Agence, Pierre Louette, le non-traitement d'un de ses communiqués contre Ségolène Royal. Le 2 mai, la Société des Journalistes de l'Agence avait vu dans la diffusion de cette lettre ouverte des «tentatives de pressions politiques».