Manifestation à Paris pour la fermeture des centres de rétention

POLITIQUE Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées....

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Environ 200 à 300 travailleurs sans-papiers occupaient samedi et depuis la veille, des locaux du syndicat CGT dans le IIIe arrondissement de Paris, pour protester contre le refus de la préfecture de régulariser leur situation.
Environ 200 à 300 travailleurs sans-papiers occupaient samedi et depuis la veille, des locaux du syndicat CGT dans le IIIe arrondissement de Paris, pour protester contre le refus de la préfecture de régulariser leur situation. — Patrick Kovarik AFP/Archives

Plusieurs centaines de personnes ont défilé dimanche à Paris entre la Porte Dorée et le centre de rétention de Paris-Vincennes, où des retenus observent une grève de la faim, pour réclamer la fermeture des centres de rétention administrative (CRA), a constaté une journaliste de l'AFP.

Arrivés devant le CRA de Paris-Vincennes, une liaison téléphonique a été établie avec Oumar Bali, le porte-parole des protestataires dans le centre. "Nous sommes plus que jamais déterminés et nous ne lâcherons jamais. Non à la politique d'immigration choisie de Nicolas Sarkozy et non à la stigmatisation", a-t-il lancé, sous les applaudissements des manifestants, dont certains faisaient des signes en direction des retenus rassemblés dans la cour du CRA.

Les manifestants ont réclamé "des papiers pour tous", "la fermeture des centres de rétention" et "l'arrêt des expulsions".

La rappeuse Keny Arkana et le groupe Kalash ont chanté avant le début de la manifestation, puis devant le CRA. "Il faut qu'on se batte, les prisons administratives ne sont pas tolérables", a déclaré à l'AFP Keny Arkana. "Nous vivons une époque où la déportation est légale et les abus policiers légitimés", a-t-elle ajouté.

Parmi les manifestants, rassemblés notamment à l'appel du 9e collectif de sans-papiers, se trouvaient de nombreux membres d'organisations anarchistes et d'extrême-gauche, comme la CNT ou la Fédération anarchiste.

Des manifestants, qui criaient "socialos collabos", ont violemment pris à partie la députée socialiste de Paris George Pau-Langevin, qui a tenté de prendre la parole. Mme Pau-Langevin a dû être évacuée sous protection policière.

Selon M. Bali, une centaine de retenus ont entamé une grève de la faim le 1er mai au CRA de Paris-Vincennes, dont la capacité d'accueil est de 480 personnes, pour demander notamment "la libération et la régularisation inconditionnelle de tous les étrangers retenus dans le centre".