Bruno Cholet nie toujours, le portable de Sussana livre de nouvelles informations

FAIT DIVERS Le point sur l'enquête mercredi...

Sandrine Cochard

— 

Sussanna Zetterberg, l'étudiante suédoise retrouvée morte le 19 avril 2008 en forêt de Chantilly.
Sussanna Zetterberg, l'étudiante suédoise retrouvée morte le 19 avril 2008 en forêt de Chantilly. — France 2

On en sait un peu plus sur l'affaire Sussanna Zettenberg. La jeune suédoise de 19 ans est morte «à la suite d'un coup de couteau au thorax, qui a transpercé son poumon entraînant une asphyxie», sa précisé mercredi le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. Les 4 balles reçues par Sussanna ont été tirées après sa mort, selon le magistrat.

Elle a voulu prendre un autre taxi

Des précisions ont également été apportées sur l'emploi du temps de Sussanna. La jeune femme a quitté la discothèque la Scala vers 4h30. Elle aborde alors un taxi dans la file de véhicules qui stationnent devant la discothèque mais celui-ci décline: il attend déjà un client. Elle montera finalement dans un véhicule utilitaire blanc, signalé plus tard par des chauffeurs de taxi comme étant un faux taxi.

A 5h02, elle reçoit un appel, et non un SMS, d'une amie qui lui dit: «Nous rentrons aussi, retrouvons-nous dans la chambre», qu'elles partagent à Paris. Sussana lui indique qu'elle se trouve dans «un taxi un peu bizzare». Le temps passe et le faux taxi poursuit son chemin.

Deux coups de fil à un ami

Alors qu'elle se trouve à proximité du Stade de France (93), Sussanna comprend qu'elle n'est pas dans la direction de son domicile et s'alarme. Elle tente d'appeler un autre ami à deux reprises, à 5h13 et 5h14. Elle ne parvient pas à le joindre. Selon Jean-Claude Marin, qui s'appuie sur les factures détaillées de la jeune fille, ces appels durent moins de 3 secondes. Un laps de temps «insuffisant pour que Sussanna puisse laisser un message, estime-t-il.

Plus tard, un automobiliste, qui se rend à son travail, passe à proximité à la forêt de Chantilly et aperçoit un véhicule blanc. Il est entre 5h30 et 6h. Si le monospace blanc de Bruno Cholet n'a pas été formellement identifié par ce témoin, d'autres indices peuvent permettre de prouver sa présence. «Des expertises sont encore en cours», a indiqué le procureur.

De leur côté, deux femmes qui se baladent dans la forêt distinguent un début d'incendie sur ce qu'elles croient être un mannequin et tentent de l'éteindre avant d'appeler les secours. Quant à déterminer si Sussanna a été violée, la justice française se montre très prudente et attend les résultats des analyses. «Le corps a été retrouvé vêtu et non dénudé», a rappelé Jean-Claude Marin.

Bruno Cholet pas coopératif

De son côté, Bruno Cholet a éteint son portable entre 22h et le lendemain matin 10h. Durant sa garde-à-vue, qui a duré 48 heures, il a nié toute implication malgré des éléments matériels à charge, comme le fusil 22 long rifle découvert dans son véhicule, les cartouches de balles - en cours d'analyse - et des menottes. «Il n'admet pas avoir joué le rôle de taxi, ni d'avoir pris en charge Sussanna», a déclaré le procureur. La brigade criminelle, qui a détaché 40 hommes sur cette affaire, cherche également des empreintes pour confondre, ou non, Bruno Cholet. une opération qui se heurte à un obstacle: selon le procureur, des gants en latex ont également été découverts dans la malette contenant le fusil, les balles et les menottes.

Enfin, la piste d'un complice n'est pas écartée. «Nous ne pouvons pas exclure d'autres pistes, ni infirmer ou confirmer l'implication de Bruno Cholet dans les autres affaires d'agressions» a déclaré le procureur, en allusion à l'affaire de la Suédoise violée par un faux taxi, en février dernier. Et de conclure: «Il n'y a pas de recrudescence de statistiques sur l'usage de la qualité de taxi ou de faux taxi pour commettre des crimes ou agressions sexuels», selon Jean-Claude Marin qui les évalue à «quelques affaires».