La « nouvelle école » est arrivée

Laure de Charette - ©2008 20 minutes

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Les voilà, en 34 pages, amendés après deux mois de consultation et 1 100 contributions, prêts à servir de Bible dès la rentrée prochaine aux maîtres et maîtresses chargés d'instruire les élèves du CP au CM2. Les nouveaux programmes de l'école primaire ont été présentés hier par Xavier Darcos, ministre de l'Education. Les anciens dataient de 2002. Au final, les grandes lignes de sa réforme, annoncées en février, sont maintenues : davantage de français et de maths, de l'instruction civique mais aussi morale, et la fin des cours le samedi.

Mais le ministre a revu sa copie sur une multitude de points de détail qui avaient irrité syndicats et parents d'élèves. L'idée de rajouter une quatrième heure d'éducation physique par semaine est abandonnée, alors que le candidat Nicolas Sarkozy s'était engagé à accroître la place du sport à l'école. Supprimées aussi les progressions jugées trop ambitieuses : l'apprentissage du passé antérieur, du subjonctif, du complément d'agent et donc de la voix passive, qui devait être avancé au cycle 3 (CE2-CM1-CM2), reste au collège. La division dès le CE1, qui a échauffé les esprits, ne concerne plus que les divisions par 2 et par 5 d'un nombre entier inférieur à 100, pour les autres il faudra attendre, comme avant, le CM2.

En maternelle, la partie « comprendre le principe alphabétique » a été modifiée pour rassurer les parents qui s'inquiétaient d'un apprentissage trop précoce de la lecture. Mais Luc Bérille, de l'Unsa-Education, dénonce « un faux abandon », le paragraphe ayant juste été rebaptisé « aborder le principe alphabétique ». « L'inquiétude que la maternelle devienne un pré-CP demeure donc » à ses yeux. En revanche, Xavier Darcos est resté ferme sur l'enseignement de la règle de trois et du futur antérieur, qui se fera bien désormais dès le cycle 3 et non plus seulement à l'entrée en sixième.

Globalement, le ministre parle d'une « rupture », « sans révolution ». Il a assuré que Luc Ferry, l'un de ses prédécesseurs et coauteur avec Jack Lang d'une lettre ouverte publiée dans Le Nouvel Observateur en mars, s'était rallié à cette nouvelle mouture. Pas Jack Lang. Il a dénoncé hier « l'une des plus grandes fautes intellectuelles perpétrées contre l'école de la République ».

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