Sussanna: le point sur l’enquête

Sandrine Cochard

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Le maniaque sexuel multirécidiviste, soupçonné du meurtre de l'étudiante suédoise retrouvée morte le 19 avril en forêt de Chantilly (Oise), a été déféré dimanche au parquet de Paris en vue de sa probable mise en examen, les enquêteurs affirmant disposer d'un "faisceau d'indices".
Le maniaque sexuel multirécidiviste, soupçonné du meurtre de l'étudiante suédoise retrouvée morte le 19 avril en forêt de Chantilly (Oise), a été déféré dimanche au parquet de Paris en vue de sa probable mise en examen, les enquêteurs affirmant disposer d'un "faisceau d'indices". — Stéphane de Sakutin AFP

Alors que le parquet de Paris a ouvert dimanche après-midi une information judiciaire pour l'enlèvement et le meurtre de Sussanna Zetterberg, l'étudiante suédoise retrouvée morte le 19 avril en forêt de Chantilly (Oise), 20minutes.fr fait le point sur une enquête éclair.

Qui est le suspect interpellé?

Il s’agirait d’un maniaque sexuel multirécidiviste, condamné pour plusieurs viols avec enlèvement. Agé de 51 ans, il a effectué une vingtaine d'années de prison pour plusieurs peines concernant des faits de violence, viols, atteintes sexuelles parfois accompagnés d'enlèvement. Sa première condamnation, à l’âge de 15 ans, concerne un vol à main armé. Suivront des peines plus lourdes, en 1979, pour le rapt et le viol d'une jeune femme (6 ans de réclusion), puis en 1989 pour le viol d'une auto-stoppeuse de 21 ans abandonnée nue dans la forêt de Rambouillet et d'une fillette de 12 ans (18 ans de prison). Un profil qui relance le débat sur la récidive.

Comment les enquêteurs sont-ils remontés jusqu’à lui?

Une cellule de trente à quarante hommes travaillent sur l’enquête, à la brigade criminelle de Paris. L’homme était sous la surveillance des enquêteurs depuis deux jours lorsqu’il a été interpellé, vendredi vers 16h. C'est la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) qui aurait donné son signalement, après l'avoir pris plusieurs fois en train de faire le faux taxi. «Cet homme possèderait un lourd casier judiciaire. Il aurait été vu peu avant son interpellation «en train de déterrer quelque chose dans un bois» de la capitale, selon l’AFP.

Son domicile, situé dans le10e arrondissement de Paris, est perquisitionné le soir même et sa voiture est saisie pour des analyses d'ADN.

Quels indices ont été relevés?

Un monospace blanc, semblable à celui du suspect, aurait été signalé par des témoins aux abords de la boîte nuit la Scala où Sussanna a été vue vivante pour la dernière fois, dans la nuit de vendredi à samedi, avant de prendre ce qu'elle pensait être un taxi. Dans le coffre du monospace du suspect, les enquêteurs ont découvert un pistolet 22 long rifle, des cartouches et trois paires de menottes. Or, la victime avait les mains menottées dans le dos, avait reçu un coup de couteau au thorax et quatre balles dans la tête. Des projectiles du même calibre que l'arme retrouvée dans le véhicule du suspect. Un sac portant l'inscription «Sussanna 777» a également été découvert dans le monospace, a annoncé à l'AFP dimanche le parquet de Paris.

Ce qu’il reste à découvrir

Une expertise balistique a été commandée pour déterminer si les cartouches trouvées dans le véhicule du suspect correspondent aux impacts de balle sur le corps de Sussanna. Les résultats seront connus dans le courant de la semaine prochaine, selon le parquet. Les résultats de prélèvements ADN réalisés dans le monospace sont également attendus dans les prochains jours. Les enquêteurs devront enfin déterminer si le suspect est l’homme qui a retiré de l’argent avec la carte bancaire volée de Sussanna. Ils ont saisi des vêtements du suspect qui pourraient correspondre à ceux enregistrés sur par la vidéosurveillance du distributeur automatique de billets.

Le suspect impliqué dans d’autres affaires?

La police effectue des rapprochements, notamment avec l’affaire d’une autre Suédoise, violée puis abandonnée dans les Yvelines, après être montée dans une voiture. Selon «Le Figaro», deux affaires retiennent également l’attention des enquêteurs: celle d’Elodie Kulik, disparue en 2002 à Péronne et retrouvée partiellement brûlée, et celle d’Estelle Mouzin, à cause du véhicule clair aperçu par des témoins.