« Cynique » pour le PS, « convaincant » pour l'UMP

Bastien Bonnefous - ©2008 20 minutes

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Si le gouvernement Fillon-Sarkozy a signé l'ouverture à gauche, les réactions montrent que l'intervention du chef de l'Etat a rebipolarisé la vie politique.

Le PS a dénoncé « le cynisme » et « l'inconséquence » du Président. Principal grief : la situation économique et le pouvoir d'achat. Pour Alain Vidalies, secrétaire national PS aux entreprises, « à écouter Nicolas Sarkozy, ce n'est pas sa politique qu'il faudrait remettre en cause, ce sont les Français qui ne la comprennent pas ». Critiquant le paquet fiscal et la remise en cause de la prime pour l'emploi, il considère que « les salariés modestes paieront pour les pauvres ». Les Jeunes Socialistes, eux, ont raillé la « course à la réforme bâclée », estimant que « le Président a fait une démonstration de non-sens organisé ».

Même son de cloche au MoDem. Marielle de Sarnez, n° 2 du parti de François Bayrou, a déploré « une prestation décevante » avec « au final, ni perspective, ni feuille de route ». Pour la centriste, « on était dans l'exercice de style où [Nicolas Sarkozy] a reconnu des erreurs de manière pas forcément sincère ».

L'UMP, sans surprise, a salué le discours présidentiel. Patrick Devedjian, secrétaire général du parti de la majorité, a jugé le chef de l'Etat « convaincant », estimant que « sa démonstration sur les heures supplémentaires a pulvérisé la propagande socialiste sur le paquet fiscal ». De son côté, Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, a déclaré que Nicolas Sarkozy a revêtu hier soir des habits « gaulliens » de président d'une « France debout ».