Procès Fourniret: les temps forts du lundi 21 avril

JUSTICE Une victime, qui a réchappé à une tentative de viol, témoigne de sa «terreur permanente»…

Sa. C. avec agence

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La cour d'assises des Ardennes s'est penchée mercredi sur le meurtre de Natacha Danais, une adolescente de 13 ans enlevée le 21 novembre 1990 près de Nantes, le cinquième des sept homicides reprochés à Michel Fourniret et pour lequel Monique Olivier est accusée de complicité.
La cour d'assises des Ardennes s'est penchée mercredi sur le meurtre de Natacha Danais, une adolescente de 13 ans enlevée le 21 novembre 1990 près de Nantes, le cinquième des sept homicides reprochés à Michel Fourniret et pour lequel Monique Olivier est accusée de complicité. — Francois Nascimbeni AFP/archives

Joëlle Parfondry avait 25 ans lorsqu’elle a croisé la route de Michel Fourniret. Douze ans plus tard, elle n’a pas toujours réussi à surmonter l’agression dont elle a été victime.

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Il est 17h, ce 19 janvier 1995, lorsqu’elle s'apprête à fermer son salon de toilettage pour chiens installé à Jambes, dans la banlieue de Namur, en Belgique. Selon l'accusation, Michel Fourniret, cagoulé et armé d'un pistolet et d'un couteau, avait fait irruption dans le salon. Il ligote la jeune femme, commence des attouchements et tente de la violer. Joëlle Parfondry ne doit son salut qu’à un mensonge: elle affirme être enceinte et convainc l'accusé de ne pas la violer. «Ça reste présent au quotidien, dès qu'il y a un film violent à la télévision, dès que je vois une cagoule dans la rue, il y a plein de choses qui reviennent», a expliqué à la barre cette jeune femme blonde à la silhouette menue. Et de décrire les angoisses dont elle souffre depuis douze ans. «C'est un froid qui vous reprend. Tout revient (...) Il y a son nom partout, son visage partout, c'est très dur», a-t-elle expliqué au président de la cour, Gilles Latapie.
 
Un état confirmé par son mari, Patrick Biason. «Elle vit dans un état de terreur permanente, un état de stress généralisé», a-t-il raconté, évoquant les difficultés de son épouse pour «se reconstruire» depuis cette agression. «Elle a un sentiment de culpabilité très, très fort. Elle se demande pourquoi elle est toujours en vie», a-t-il précisé.
 
En début d'audience, Michel Fourniret a reconnu le vol avec arme. Mais il a contesté l'accusation de tentative de viol, comme lors de l'instruction. En 2004, Monique Olivier avait avoué aux enquêteurs belges que son mari était l'agresseur de la jeune femme.