Les inspecteurs du travail soutiennent les sans-papiers

R. M. avec agence

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"Les juristes sérieux nous expliquent que l'accord de 2004, puisqu'il a été annulé, n'a jamais existé. Donc on tombe au décret de 1999", a affirmé André Daguin, le président de l'Umih (l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), principale organisation patronale.
"Les juristes sérieux nous expliquent que l'accord de 2004, puisqu'il a été annulé, n'a jamais existé. Donc on tombe au décret de 1999", a affirmé André Daguin, le président de l'Umih (l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), principale organisation patronale. — Jacques Demarthon AFP

Une intersyndicale des contrôleurs et inspecteurs du travail (CGT-SNU-Sud-CFDT-Unsa) a réclamé lundi l'ouverture immédiate d'une négociation pour permettre la régularisation des travailleurs sans-papiers. Un soutien supplémentaire pour les 530 grévistes, dont le mouvement s'amplifie depuis une semaine.

«Nous, contrôleurs et inspecteurs du travail confrontés tous les jours au développement du travail illégal, ne supportons plus d'être confrontés à une réglementation de l'immigration totalement hypocrite», déclarent les agents du ministère du Travail en préambule d'une pétition.

Les travailleurs sans-papiers «contribuent à la richesse de notre pays depuis des années et notre ministère fait mine de ne pas les voir, de ne pas le savoir», ajoute l'intersyndicale.

Le patronat hôtelier en accord avec les grévistes

André Daguin, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) a estimé nécessaire de régulariser au moins 100.000 travailleurs sans papiers. «Si on ne les régularise pas, il faut les licencier, donc dans Paris des tas de restaurants seront totalement désorganisés, on va tuer une partie du tourisme.»

Dans les cafés-restaurants, André Daguin a évoqué 50.000 régularisations et «100.000 au total» pour toutes les branches professionnelles françaises. «Quels sont les inconvénients à le faire?», s'est-il interrogé lundi sur RTL.

«Les gens qui travaillent chez nous, qui sont déclarés par leur patron, qui paient leurs impôts, leurs cotisations à la sécurité sociale (...). Ceux qui donnent satisfaction dans leur boulot, qui n'ont jamais agressé qui que ce soit, ceux qui mènent une vie normale il faut les régulariser», a-t-il déclaré.

Le reportage du Bondy Blog au Café de la Jatte


Il est en accord avec la CGT et l'association Droits devant!, qui réclament une négociation avec le ministère du Travail pour des régularisations dans la restauration et le bâtiment, comme le prévoit une circulaire depuis janvier dernier.

«Il faut sortir d'un système où on donne de l'espérance avec du travail (...) et en parallèle on n'a pas les papiers», a déclaré pour sa part la secréatire de l'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet lundi sur RMC et BFM TV. Le ministre de l'Intégration, Brice Hortefeux, procède actuellement à la «mise en ordre de tous nos systèmes d'intégration. Il faut qu'ils soient plus humains», a fait valoir NKM.