La manifestation des lycéens émaillée d'incidents

GREVE Les lycéens sont une nouvelle fois dans la rue ce jeudi après-midi pour manifester contre les suppressions de postes à la rentrée 2008...

Avec agence

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Le mouvement, ancré en région parisienne, où six manifestations ont déjà eu lieu, est contraint à une pause avant la nouvelle journée d'actions - avec parents et enseignants - prévue le 15 mai, un mois pile avant le bac.
Le mouvement, ancré en région parisienne, où six manifestations ont déjà eu lieu, est contraint à une pause avant la nouvelle journée d'actions - avec parents et enseignants - prévue le 15 mai, un mois pile avant le bac. — Mathieu Genon AFP/Archives

Déçues après leur rencontre, mercredi, avec le ministre de l’Education nationale, les organisations lycéennes battaient à nouveau le pavé parisien, ce jeudi après-midi, pour leur dernière manifestation avant les vacances de Pâques. Une maniferstation qui réunissait beaucoup moins de monde que celle de mardi. Ainsi ils étaient 13.000 selon la préfecture et 25.000 selon les organisateurs, contre 20.000 - 50.000, mardi dernier.

Malgré quelques bousculades et mouvements de foule tout au long du parcours, l'ambiance dans le cortège est restée bon enfant, comme le déclare Jenifer élève en terminale ES au lycée Marcel Pagnol d'Athis-Mons: «On est toujours aussi motivé, et en plus il y a du trop bon son dans le char de la Fidl». Avec d'autres élèves de son lycée, ils sont venus à 30, après s'être réunis, la veille, en assemblée générale.

Anna qui est venue de Bobigny avec sa classe de terminale STT, elle, a préféré sauter une partie du parcours avec 2 autres copines lorsque les premières bousculades ont commencé: «On en a profité pour faire 2-3 boutiques à Bastille et récupérer à Nation, parce que moi j'aime pas quand ils commencent à gazer».

Plusieurs interpellations

Plusieurs interpellations ont eu lieu tout au long du parcours. Six jeunes qui avaient dégradé un restaurant à proximité de la place de la République, point de départ du cortège, ont été interpellés, selon une source policière. Des groupes de jeunes venus de Seine-Saint-Denis et des Yvelines se sont affrontés place Voltaire, et au moins trois d'entre eux ont été interpellés par des policiers en uniforme, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes, a constaté un journaliste de l'AFP. Les vitres de deux voitures ont été endommagées à coups de pied.

Au moins quatre interpellations ont aussi eu lieu près du métro Charonne. Des jeunes sautaient sur le toit des voitures, selon la même source. Une première bagarre, place Sainte-Ambroise, avait également donné lieu à des jets de gaz lacrymogène et des interpellations, a constaté une journaliste de l'AFP.

Au total, la police a annoncé en fin de journée que 37 personnes avaient été interpellées et placées en garde à vue jeudi en marge de la manifestation lycéenne à Paris. Les personnes interpellées l'ont été pour vols, dégradations, port d'armes prohibées, violences sur agent de la force publique, outrages et rébellions.

 «Intensification» du mouvement

«Malheureusement, sur la revendication centrale de la mobilisation lycéenne, que sont les moyens, on n'avance toujours pas», avait affirmé dans la matinée Florian Lecoultre, président de l'UNL , le principal syndicat lycéen. Pour Alix Nicolet, la présidente de la Fidl , «il y a toujours un vrai blocage sur les suppressions de postes». Les deux organisations tablent sur l'«intensification» du mouvement.

Pourtant, de son côté, le ministre répète aussi bien devant les médias que face aux députés qu'il ne cèdera pas sur le non-renouvellement de 11.200 postes, en majorité d'enseignants, affirmant que le taux d'encadrement des élèves n'en souffrira pas.

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Les lycéens, qui battent le pavé parisien depuis quatre semaines maintenant, accusent le ministre de jouer le «pourrissement». Le mouvement, ancré en région parisienne, où six manifestations ont déjà eu lieu, est contraint à une pause avant la nouvelle journée d'actions - avec parents et enseignants - prévue le 15 mai, un mois pile avant le bac.