Acquittement de Lydie Debaine: le parquet fait appel

Avec agence

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Le parquet de Pontoise a annoncé jeudi qu'il ne ferait pas appel de la décision d'acquittement de Lydie Debaine, qui avait tué en 2005 sa fille unique, handicapée motrice cérébrale de 26 ans dont l'état de santé se dégradait, rendue mercredi par la cour d'assises du Val-d'Oise.
Le parquet de Pontoise a annoncé jeudi qu'il ne ferait pas appel de la décision d'acquittement de Lydie Debaine, qui avait tué en 2005 sa fille unique, handicapée motrice cérébrale de 26 ans dont l'état de santé se dégradait, rendue mercredi par la cour d'assises du Val-d'Oise. — Bertrand Guay AFP/Archives

Le procureur général de la cour d'appel de Versailles a annoncé jeudi à l'AFP qu'il interjetait appel de la décision d'acquittement de Lydie Debaine qui avait tué en 2005 sa fille handicapée motrice cérébrale de 26 ans.

«Un encouragement à l’atteinte volontaire à la vie des handicapé»

«Sans méconnaître la situation dramatique de Mme Debaine, son profond désarroi et sa grande souffrance, il m’est apparu que le ministère public, avait le devoir, dans le souci de l’intérêt général, de requérir l’application de la loi et la condamnation de l’accusée», a expliqué Jean-Amédée Lathoud dans un communiqué. «Ce verdict d’acquittement pourrait en effet, être compris comme un encouragement à l’atteinte volontaire à la vie des handicapés, qui méritent notre protection et notre soutien», a-t-il encore déclaré.

«Il m’apparaît que l’acte de Mme Debaine, s’il justifie une réelle compassion, ne peut être accepté en l’état du droit français, de nos valeurs éthiques et des principes qui fondent la vie en société», a-t-il dit.

Lydie Debaine, 62 ans au moment des faits, était accusée d'avoir donné plusieurs cachets d'anxiolytiques à sa fille, invalide à 90%, avant de la plonger dans une baignoire pour la noyer, le 14 mai 2005 à Groslay (Val-d'Oise).


Le 9 avril 2008, la cour d’Assises du Val d’Oise l'avait acquitté alors que le ministère public avait requis trois ans de prison avec sursis, «une condamnation de principe» alors que la sanction encourue était la réclusion criminelle à perpétuité. Le parquet de Pontoise avait dans un premier temps annoncé qu'il ne souhaitait pas faire appel de cet verdict alors qu'en droit français cette décision revient au parquet général.

Solitude des familles face à l'handicap

«Ce dossier illustre bien la situation souvent extrême de certains aidants familiaux, ces personnes qui ont des personnes (de leur famille) très lourdement handicapées chez elles et qui n'ont pas les ressources, pas seulement financières, et les accompagnements nécessaires pour les aider», a estimé jeudi Arnaud de Broca le président de la Fnath (accidentés du travail et handicapés).

Ces personnes «laissées à elles-mêmes, parfois en vraie souffrance, n'ont pas de répit et peinent à trouver un établissement qui puisse prendre en charge leurs proches handicapés», a-t-il déclaré à l’AFP. Et d’ajouter: «Il faut réfléchir de manière plus large à la fois sur le statut de ces aidants familiaux, et sur le manque de places dans les établissements pour accueillir: il y un vrai manque de moyens financiers».