Que réserve Nicolas Sarkozy à l'hôpital?

Sa. C. avec agence

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AFPTV/pool

«Engager une recomposition hospitalière ambitieuse». Sous cet objectif sibyllin, Nicolas Sarkozy présente jeudi, à Neufchâteau (Vosges), les grandes orientations de la réforme de l'hôpital qui s’appuie en grande partie sur le rapport Larcher, remis le 10 avril au chef de l’Etat.

>> Le rapport Larcher en intégralité (PDF)


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Plus de pouvoirs aux directeurs d’hôpitaux

Pour cela, Nicolas Sarkozy a tracé deux axes: limiter les dépenses des hôpitaux et renforcer les pouvoirs de leurs directeurs. «L'hôpital a besoin d'un patron», a ainsi fait valoir le chef de l’Etat qui veut donner plus de moyens aux directeurs confrontés au sein des hôpitaux non seulement à la légitimité médicale, mais aussi aux «syndicats, à l'assurance maladie, aux élus locaux, aux rivalités entre médecins et entre services», selon Nicolas Sarkozy. Il pourrait reprendre l'idée de faire du directeur le président d'un «directoire» de l'établissement, remplaçant les actuels conseil d'administration et conseil exécutif.

L'une des propositions phares du texte est la création de «communautés hospitalières de territoire»: sur un territoire donné, à définir, les hôpitaux seraient incités à se regrouper pour mutualiser leurs moyens. Même si, selon Roselyne Bachelot, il ne s'agira pas d'une «carte hospitalière», en écho à la carte judiciaire de Rachida Dati et des remous qu'elle a suscité.

Si le gouvernement se refuse à chiffrer ces communautés, les décisions devant se faire localement, «l'Elysée estime qu'il pourra y avoir une seule communauté hospitalière dans certains petits départements et cinq ou six dans d'autres», affirment «Les Echos», jeudi matin. «Le rapport Larcher évoque un objectif, à terme, de quelque 300 entités juridiques au lieu de 1.000 hôpitaux aujourd'hui, un ordre de grandeur jugé pertinent par l'entourage du chef de l'Etat», selon le quotidien économique. En tout, 235 hôpitaux seraient sur la selette, affirme «Le Parisien».

«Retour à l'équilibre des hôpitaux publics d'ici à 2012»

Pas question donc de supprimer des hôpitaux, mais la fermeture des petits blocs opératoires dans les petites structures est appelée à se poursuivre, dans une logique de reconversion des hôpitaux locaux dans l'accueil des personnes âgées ou handicapées ou encore dans les soins de suite (après une opération). Cette logique inquiète les élus locaux, les usagers et les personnels hospitaliers, qui y voient un recul du service public. Les quelque 150 comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité estiment ainsi que le rapport Larcher «cautionne la dégradation» des établissements locaux.

Les hôpitaux publics seront néanmoins sous pression: Nicolas Sarkozy, qui souhaite leur créer un nouveau statut, leur a fixé un objectif de «retour à l'équilibre d'ici à 2012». Ses propositions pour y parvenir seront attendues, alors que la Fédération hospitalière de France (FHF, directeurs d'hôpitaux) vient de demander «un plan de résorption» des déficits, évalués entre 700 et 800 millions d'euros en 2007.

Il s'est également dit favorable à un aménagement du statut des médecins hospitaliers, de façon à pouvoir prendre en compte leur activité pour calculer leur rémunération. Il s'agirait de rendre l'hôpital plus attractif pour les médecins face aux cliniques privées qui offrent de meilleures rémunérations. L'amélioration de la régulation des urgences ainsi que la participation du secteur privé au service public hospitalier devraient également être abordées.

AVANT-GOUT

La réforme de l'hôpital constituera l'un des volets de la loi sur l'organisation des soins, que présentera Roselyne Bachelot à l'automne.