Des Taser aussi pour les policiers municipaux

Laure de Charette - ©2008 20 minutes

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Il n'y a pas que la police nationale qui pourra administrer, à 10 m de distance, une décharge de 50 000 volts à une personne pour la tétaniser quelques secondes, le temps de la maîtriser. Un décret devrait en effet autoriser les policiers municipaux à utiliser le Taser (pistolet à impulsion électrique), au même titre que la police nationale et la gendarmerie, qui l'utilisent depuis 2004 dans certaines unités spécialisées, et plus généralement depuis 2006.

Alain Bauer, criminologue et président de l'Observatoire de la délinquance, qui a annoncé hier l'imminence du décret lors d'un colloque au Sénat, a précisé que les policiers municipaux seraient soumis aux mêmes obligations que leurs confrères, notamment en matière de formation. Celle-ci suppose entre autres que les agents subissent eux-mêmes un tir. En outre, il a souhaité que l'arme soit couplée à un dispositif vidéo, comme c'est le cas des Taser déjà utilisés.

Ce nouveau décret relance la polémique autour de ce pistolet électrique très controversé. En 2006, la Commission nationale de déontologie de la Sécurité a dénoncé dans son rapport des abus liés à des usages dans des cas non justifiés. Aux Etats-Unis et au Canada, des personnes sont décédées après avoir reçu une décharge de Taser. Présente au colloque, Geneviève Sevrin, ex-présidente d'Amnesty Interna-tional France, craint surtout « une disproportion de son utilisation pour des neutralisations systématiques ».