Lycées: «L'atmosphère est assez menaçante»

TEMOIGNAGE Un professeur de lycée à Sarcelles (Val d'Oise) raconte les troubles lycéens depuis mardi…

Propos recueillis par Alexandre Sulzer

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Vidéo d'un incendie provoqué devant un lycée de Sarcelles (Val d'Oise)
Vidéo d'un incendie provoqué devant un lycée de Sarcelles (Val d'Oise) — Capture d'écran de Dailymotion
Trois questions à Antoine, professeur de 28 ans dans un lycée de Sarcelles (Val-d'Oise) alors que des violences émaillent la mobilisation lycéenne contre le gouvernement.

L'établissement dans lequel vous travaillez est-il touché par les manifestations, parfois violentes, des lycéens?

Mes collègues et moi avions prévu de faire grève jeudi avec les élèves. Mais mardi, une vingtaine de casseurs, extérieurs au lycée, se sont introduits dans le lycée. Ils ont caillassé les vitres, lancé des pierres et des cocktails Molotov contre le personnel, brûlé des bennes à ordures. Ils ont utilisé également utilisé un engin bélier contre la grille du lycée. A 11h, l'établissement a dû fermer. Ce scénario s'est reproduit mercredi et jeudi.

Ces casseurs ont-ils une motivation politique, selon vous?
Non, il s'agit de fauteurs de troubles qui en profitent pour racketter les élèves et s'en prendre au mobilier urbain ainsi qu'aux autobus. Les rivalités entre villes sont également à prendre en compte. Seule une minorité de lycéens se laissent embrigader, notamment lorsque les CRS interviennent. Les groupes de casseurs sont extrêmement mobiles et se déplacent très vite d'un établissement à l'autre.

Vous et vos collègues sont-ils inquiets?
L'atmosphère est assez menaçante, mes collègues sont terrifiés. Pour ma part, j'évite de venir en voiture car le risque qu'elle se fasse abîmer est trop important. Des professeurs de Bobigny ont exercé leur droit de retrait mardi. Nous ferons de même dans les jours qui viennent en fonction de la situation mais, à mon avis, elle se prolongera jusqu'au début des vacances samedi 19 avril.


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