Manifestations lycéennes: la violence s'invite

MOBILISATIONS Voiture bélier en Seine-et-Marne, échauffourées dans le RER B…

A.S. avec Vincent Glad

— 

Manifestation lycéenne à Paris le 10 avril 2008
Manifestation lycéenne à Paris le 10 avril 2008 — 20 minutes

La violence qui a émaillé les manifestations des lycéens au cours des derniers jours ne semble pas faiblir. Jeudi matin, vers 7h30, plusieurs jeunes, lycéens ou casseurs, ont tenté d'enfoncer la grille du lycée Blaise-Pascal de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) à l'aide d'une voiture. Aucun n'a toutefois été interpellé.

D'autres jeunes ont bloqué dans la matinée la route nationale N19, avant d'être repoussés par les policiers qui ont été la cible de jets de projectiles, comme déjà mercredi. Trois jeunes, interpellés mercredi, et un quatrième, interpellé jeudi pour ces faits, devaient être déférés en début d'après-midi. Deux majeurs seront jugés en comparution immédiate à Melun. Tous sont lycéens à Blaise-Pascal.

Quelques échauffourées à Paris

Paris, où cinq lycées (Monod, Armand, Rabelais, Carrel, d'Alembert) et un collège (Charles-Péguy) sont bloqués, n'a pas été épargné par la violence. A la station «Luxembourg» du RER B, des échauffourées ont éclaté, selon notre journaliste sur place. Un plafond de rame de RER a été cassé. Entre cette station et Châtelet, la police a indiqué à 20minutes.fr qu'il y a eu une série de vols violents. «Mais pas lié directement à la manifestation lycéenne.»

A 14h30, la manifestation, qui partait de Luxembourg pour se rendre à Saint-François-Xavier, avait du mal à avancer, en raison de jeunes banlieusards qui chahutaient, bousculaient les manifestants en criant leur département d'origine: le «7.8» répondant au «9.5» ou au «9.2». Malgré ces quelques échauffourées, la manifestation est un vrai succès avec plus de 20.000 personnes dans les rues (voir encadré).

A la station Vavin, un policier en civil, brassard orange barré d'un POLICE, le visage à moitié caché par un foulard, crie des ordres, raconte une passante à 20minutes.fr : «Allez les civils, dégagez de là, il va y avoir des charges.».

Dans le 11e et à Saint-Cloud

De leur côté, des professeurs du collège-lycée Voltaire, situé dans le 11e arrondissement de Paris, et des élus communistes ont dénoncé l'intervention musclée de la police, intervenue tôt dans la matinée pour déloger les élèves qui bloquaient l'entrée de l'établissement. «Les élèves qui bloquaient l'entrée ont été traînés par les pieds et insultés», a déclaré Françoise Thibault, professeur d'anglais au lycée Voltaire, en grève. «Nous avons été très choqués par la violence de l'intervention. Nos élèves ne sont ni des violents, ni des casseurs», a-t-elle ajouté. La direction de l'établissement n'avait pas pu être jointe à la mi-journée, le rectorat assurant de son côté ne pas avoir de «remontées». Quant à la préfecture de police, elle a assuré qu'«aucun incident» n'était à déplorer.

Enfin, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), deux ou trois élèves du lycée Santos Dumont (hôtellerie et gestion) ont été interpellés devant cet établissement. «Des pierres, et même semble-t-il des pavés, ont été jetés contre les forces de l'ordre», qui ont usé de gaz lacrymogènes, a expliqué l'Inspecteur d'académie adjoint, Luc Launay.

>>Que pensez-vous de ce mouvement lycéen? Vous est-il sympathique?

Grosse mobilisation - Entre 8 et 24% d'enseignants, majoritairement du second degré, sont en grève jeudi en Ile-de-France, suite à l'appel d'une intersyndicale protestant contre les suppressions de postes.
Selon Florian Lecoultre, président du syndicat lycéen UNL, la participation à la manifestation serait de 30.000 personnes (19.000 selon la police). Il s'est réjoui que la mobilisation soit désormais «nationale» et pas uniquement francilienne. A Grenoble, de 5.500 à 9.000 personnes ont manifesté.