Carte famille nombreuse: l'enveloppe de l'Etat «doit être réinvestie au bénéfice des familles»

TRANSPORTS Famille de France réagit après l'annonce du gouvernement de ne plus financer cette carte...

Avec agence

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La nouvelle carte familles nombreuses, que doit présenter ce jeudi le gouvernement, sera "généraliste", avec en plus des actuelles réductions auprès de la SNCF, des remises sur des biens et services pour aider les foyers qui comptent plus de deux enfants.
La nouvelle carte familles nombreuses, que doit présenter ce jeudi le gouvernement, sera "généraliste", avec en plus des actuelles réductions auprès de la SNCF, des remises sur des biens et services pour aider les foyers qui comptent plus de deux enfants. — Denis Charlet AFP/Archives

Les réactions des associations familiales et des syndicats sont nombreuses depuis l'annonce du désengagement de l'Etat du financement de la carte famille nombreuse vendredi.

Familles de France a estimé ce jeudi dans un communiqué que l'enveloppe consacrée jusqu'à présent par l'Etat au financement de la carte famille nombreuse devrait être «réinvestie» au bénéfice des familles. L'association condamne «des économies faites sur le dos des familles». «L'enveloppe de 70 millions d'économies faites par l'Etat correspond à la fois à une mesure de politique familiale, par son attribution aux familles nombreuses sans condition de ressources et à une mesure de politique sociale par les avantages sociaux lors des départs en vacances de salariés», estime Familles de France.

Famille de France demande par ailleurs à l'Etat et à la SNCF «une carte non contingentée pour offrir aux familles la possibilité de départ les jours de grande affluence ou en période de vacances scolaires», et rappelle que la carte offre des avantages annexes, auprès d'enseignes commerciales, de
musées, à la RATP... Elle «s'étonne» aussi qu'à la suite du Grenelle de l'environnement, l'accès des familles au transport collectif «ne soit pas facilité».

L'Unaf (Union nationale des associations familiales) a également dénoncé «les économies faites sur le dos des familles», faisant aloir que «la tarification familles nombreuses doit rester indépendante d'une politique commerciale, par nature changeante».

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Pour Force ouvrière, le désengagement de l'Etat «ne repose sur aucun fondement de bon sens tant d'un point de vue social qu'économique». «Comment justifier une économie de 70 millions d'euros, subie par les plus démunis, alors que la SNCF affiche un bénéfice record de plus de 1 milliard d'euros et que le financement du bouclier fiscal coûtera en 2008 plus de 15 milliards d'euros», s'interroge le syndicat, qui souligne que cette carte répond à un objectif de «redistribution sociale et de solidarité qu'il est inacceptable de remettre en cause», notamment «dans une période où le pouvoir d'achat des salariés est en net recul».

«On peut toujours s'émouvoir de la baisse du pouvoir d'achat des familles, mais encore faut-il y apporter les solutions qui s'imposent et arrêter de ponctionner toujours un peu plus les populations les plus fragilisées», affirme pour sa part la Confédération syndicale des familles (CSF). «Même si la SNCF apporte une réponse alternative en mettant en place des offres commerciales, estime la confédération, celles-ci resteront des offres commerciales, soumises à conditions quelquefois difficiles à atteindre, et ne seront jamais à la hauteur des engagements des politiques familiale et sociale qui doivent être assurées par l'Etat».

L'association Familles rurales, elle, s'interroge sur l'avenir des réductions dans les autres enseignes commerciales, décidées depuis 2006.

La fédération CGT des Cheminots condamne de son côté «la fin des tarifs sociaux permettant entre autres, à des familles modestes d'utiliser le train comme moyen de transport».

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