La mère, qui a tué sa fille lourdement handicapée, a été acquittée

B. B. (avec AFP) - ©2008 20 minutes

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Un verdict de compassion. La cour d'assises du Val-d'Oise a acquitté hier soir Lydie Debaine, qui a tué en 2005 sa fille unique de 26 ans, handicapée motrice cérébrale, et dont la santé se dégradait.

Dans la journée, l'avocat général avait requis une « peine de principe » de trois ans de prison avec sursis. « La pire des sanctions, Lydie Debaine la vit déjà avec la perte de celle à qui elle a consacré son amour et sa vie », avait déclaré le magistrat pour justifier ses réquisitions. Depuis plusieurs années, la justice française est plutôt clémente avec les parents meurtriers de leurs enfants handicapés, prononçant souvent des peines avec sursis. Peut-on voir dans cet acquittement un effet du débat actuel sur l'euthanasie ? « Je ne le crois pas, répond Jean-Luc Roméro, président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité. Même si on ne peut avoir que de la compassion pour cette mère, il ne s'agit pas ici d'un cas d'euthanasie puisque la défunte n'avait pas exprimé clairement la volonté de mourir. »

Le 14 mai 2005 à Groslay, Lydie Debaine a donné plusieurs anxiolytiques à sa fille avant de la noyer dans une baignoire. Née prématurée avec une grave infirmité cérébrale, Anne-Marie avait l'âge mental d'un enfant de 5 ans, était invalide à 90 % et souffrait de violentes crises d'épilepsie. En larmes hier avant les réquisitions, sa mère a décrit « une enfant très attachante » qui « souffrait trop ». « Elle passait des jours et des jours sans dormir, j'ai accompli ce geste dans un acte d'amour », a-­ t-elle ajouté.