La mauvaise graine des OGM

David Carzon - ©2008 20 minutes

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Quand l'arbre cache la semence. Mal ficelé, mal pensé et mal voté, le dossier OGM a explosé hier dans les mains du gouvernement avec la crise entre Nathalie Kosciusko-Morizet et une partie de la majorité et du gouvernement. Dans Le Monde, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie avait dénoncé « un concours de lâcheté et d'inélégance » dans son camp au sujet du projet de loi. Des propos visant Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, et Jean-Louis Borloo, son ministre de tutelle.

Hier matin, François Fillon a exigé, sous peine de la démissionner, des excuses publiques de Nathalie Kosciusko-Morizet. Celle-ci s'est excusée dans la foulée et a refusé de démissionner, estimant que ses propos dans Le Monde avaient été déformés, et s'est dite à la disposition des parlementaires de la majorité pour s'expliquer.

D'après François Fillon, « l'incident est clos ». Pas tout à fait puisque le Premier ministre a interdit sa secrétaire d'Etat de banc du gouvernement à l'Assemblée et de voyage au Japon. Et Jean-François Copé, qui avait tiré le premier mardi matin en dénonçant le manque de lisibilité de Nathalie Kosciusko-Morizet, ne semble pas prêt à baisser les armes. Plusieurs raisons à cela. D'abord, le dossier OGM a révélé de vraies failles au sein de la majorité et les plaies ne sont pas refermées alors que le texte repart au Sénat (lire ci-dessous). De plus, depuis la Charte de l'environnement portée par Nathalie Kosciuscko-Morizet en 2005 contre l'avis de ses collègues, les parlementaires lui gardent une rancune tenace. « Elle n'était déjà pas très populaire au sein des députés », confie l'un d'entre eux. Enfin, cette crise marque une réalité soulignée hier par les associations écologistes : la fin du Grenelle de l'environnement.

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La polémique Kosciusko-Morizet