Le revenu de solidarité active est «trop coûteux» mais «pas enterré»

V.G.

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Le Grenelle de l'insertion a été lancé, vendredi et samedi à Grenoble, pour six mois de débats, en vue de remettre de l'ordre dans le maquis des politiques d'insertion professionnelle, en mobilisant syndicats et employeurs aux côtés des associations d'insertion.
Le Grenelle de l'insertion a été lancé, vendredi et samedi à Grenoble, pour six mois de débats, en vue de remettre de l'ordre dans le maquis des politiques d'insertion professionnelle, en mobilisant syndicats et employeurs aux côtés des associations d'insertion. — Jean-Pierre Clatot AFP
Le revenu de solidarité active, idée portée de longue date par le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, a du plomb dans l’aile. François Fillon a assuré mardi matin sur France Inter que le projet n'était pas «enterré» mais qu'il était pour l'instant «trop coûteux».
 
«L'objectif, c'est d'essayer de le généraliser en 2009», a déclaré le Premier ministre. «Cette idée n'est pas du tout enterrée» mais le projet a «deux inconvénients: il est coûteux, de l'ordre de 2 à 3 milliards d'euros, et puis il conduit à diminuer la Prime pour l'emploi pour un très grand nombre de Français».
 
La solution pour Fillon? Remanier le projet pour qu’il soit moins coûteux, au risque de lui faire perdre sa substance. «Il y a d'autres alternatives, on est en train de travailler avec Martin pour voir comment mettre en oeuvre ce principe sans augmenter les dépenses publiques», a expliqué sans plus de précisions le Premier ministre.
 
Martin Hirsch inquiet
 
Le RSA est au cœur des préoccupations budgétaires de la majorité depuis quelques jours. A l’heure où les marges de manœuvres sont plus que réduites, le gouvernement est de plus en plus flou sur la date d’application du dispositif et sur l’engagement financier de l’Etat.
 
Mardi dernier, Martin Hirsch avait exprimé son inquiétude sur le financement du projet, dans un entretien à Ouest-France: «Je ne sais pas encore si le RSA passera ou non». «Aujourd'hui, l'État doit décider s'il mettra ou non le paquet pour aller jusqu'au bout, en 2009», avait-il ajouté.
 
Pour le PS, le RSA est déjà enterré
 
La gauche accuse l’Elysée d’avoir déjà enterré le projet: «On sait qu'un certain nombre d'engagements du président de la République ne seront pas tenus», a déclaré lundi François Hollande. Contrairement à ce que dit François Fillon «le revenu de solidarité, c'est déjà fini».
 
Le RSA doit permettre aux bénéficiaires de minima sociaux de retourner vers l'emploi sans baisse de revenu en combinant aides sociales et revenus issus du travail.