Chantal Sébire retrouvée morte chez elle

SANTE Le gouvernement va réexaminer la loi sur la fin de la vie...

Avec agence

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La justice a été saisie mercredi d'une "demande exceptionnelle mais néanmoins légitime" d'euthanasie de la part d'une mère de famille de 52 ans, Chantal Sébire, défigurée par une maladie orpheline, incurable et évolutive, a-t-on appris auprès de son avocat, Me Gilles Antonowicz.
La justice a été saisie mercredi d'une "demande exceptionnelle mais néanmoins légitime" d'euthanasie de la part d'une mère de famille de 52 ans, Chantal Sébire, défigurée par une maladie orpheline, incurable et évolutive, a-t-on appris auprès de son avocat, Me Gilles Antonowicz. — Jeff Pachoud AFP/archives

Chantal Sébire, la femme de 52 ans qui souffrait d'une tumeur incurable et avait sollicité le droit de recourir à l'euthanasie, a été retrouvée morte chez elle mercredi.

Causes de la mort inconnues

Le procureur de la République de Dijon, Jean-Pierre Allachi, qui s'est rendu sur place vers 21h30, a déclaré que les causes de la mort de Chantal Sébire demeuraient jusqu'à présent inconnues.

«Nous n'en connaissons pas les causes, nous allons effectuer des prélèvements et nous ferons des analyses, nous en saurons plus demain» (jeudi), a-t-il déclaré lors d'un point presse à Plombières-lès-Dijon. «Cette mort nous touche beaucoup», a-t-il ajouté. Le magistrat a précisé que le décès, qui a d'abord été annoncé de source policière à Paris, avait été «constaté à 19h30».

Interrogé sur les hémorragies dont souffrait Chantal Sébire lors de ses violentes crises, le procureur a indiqué «qu'à ce stade il n'existait pas d'éléments patents de signe d'hémorragie».

Cette mère de trois enfants souffrant depuis des années d'une tumeur incurable qui lui déformait le visage avait réclamé le droit de «mourir dans la dignité». La justice avait rejeté lundi sa demande d'euthanasie. Une décision judiciaire sans surprise, qui suivait les réquisitions du parquet et qui mettait en lumière les limites de la loi de 2005 sur la fin de vie.

Le gouvernement va évaluer la loi sur la fin de vie

Devant le trouble causé par le cas de Chantal Sébire, le gouvernement a demandé une évaluation de cette loi. Jean Léonetti, député-maire UMP d'Antibes et rapporteur de la loi votée à l'unanimité en 2005 instaurant un droit au «laisser mourir» mais pas à l'euthanasie active, a été chargé d'une mission d'évaluation pour remédier à «la méconnaissance des textes» et éventuellement à «l'insuffisance de la législation».

Mercredi, Bernard Kouchner avait plaidé pour que Chantal Sébire ait droit, comme elle le demandait, à mourir par euthanasie. «Je trouve très difficile de ne pas lui offrir une porte de sortie qui serait une porte d'amour avec les siens», avait déclaré le ministre des Affaires étrangères sur la radio RMC.

Bernard Kouchner avait ajouté qu'il fallait «lui permettre de ne pas avoir besoin de se suicider dans une espèce de clandestinité dont tout le monde souffrirait, surtout ses proches», en souhaitant que l'on fasse «une exception à la loi» qui l'empêche d'accéder à l'euthanasie. Une opinion partagée par la nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano.

Le député Leonetti avait répliqué à Bernard Kouchner en se disant «très irrité par (sa) réponse simpliste». «Il ne peut pas ignorer que la demande de Chantal Sébire, compréhensible sur le plan humain, est irrecevable», a déclaré M. Leonetti au quotidien «La Provence». «Je trouve inadmissible que l'on fasse croire à cette personne qu'elle peut obtenir quelque chose qu'elle n’aura pas. Je crois qu'il est préférable de répondre à Chantal Sébire par le dialogue et l'accompagnement afin que l'on trouve avec elle des solutions pour qu'elle parte apaisée», avait-il ajouté.


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