Grande-Borne: 9 suspects déférés, 10 personnes relâchées

ENQUETE Une mère dont un fils a été interpellé lundi, a été condamnée mardi à six mois de prison avec sursis pour violences envers des policiers...

Avec agence

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Une patrouille de policiers a été attaquée dans la nuit de samedi à dimanche par des jeunes du quartier de la Grande-Borne à Grigny (Essonne) qui ont lancé des cocktails Molotov, a-t-on appris dimanche auprès du syndicat de policiers Alliance.
Une patrouille de policiers a été attaquée dans la nuit de samedi à dimanche par des jeunes du quartier de la Grande-Borne à Grigny (Essonne) qui ont lancé des cocktails Molotov, a-t-on appris dimanche auprès du syndicat de policiers Alliance. — Joël Robine AFP/Archives

Neuf suspects interpellés dans l'enquête sur des heurts dans la cité de la Grande-Borne dans l'Essonne le 2 mars, où des policiers avaient été blessés par des tirs de plombs, doivent être déférés au parquet mercredi. Dix autres devaient être relâchés mardi soir, a-t-on appris de source judiciaire.

Trois majeurs et six mineurs devraient ainsi être déférés au parquet puis présentés à un juge d'instruction, sous réserve de l'évolution des investigations dans la nuit, a indiqué à l'AFP le procureur de la République d'Evry Jean-François Pascal, qui n'a pas souhaité ajouter de précisions sur les faits imputés aux uns et aux autres.

Tentative d'homicide volontaire

Selon une source proche du dossier, l'un des suspects, majeur, a été désigné comme tireur présumé par l'un des trois témoins sous X. Toutefois, cela reste insuffisant pour une éventuelle mise en examen pour tentative de meurtre car la loi ne permet pas d'engager des poursuites sur la seule foi d'un témoignage anonyme. La garde à vue de dix autres personnes - neuf interpellées lundi matin, une autre mardi - devait être levée dans la soirée.

Le parquet doit ouvrir mercredi matin une information judiciaire, principalement pour tentative d'homicide volontaire et violences volontaires avec arme sur personnes dépositaires de l'autorité publique, le tout en bande organisée. L'instruction portera également sur des faits de vol, dégradations, et l'incendie d'une voiture.

Une mère condamnée pour violences

Une mère de famille de 46 ans, dont un fils a été interpellé lundi dans l'enquête sur les heurts dans la cité de la Grande-Borne en Essonne puis relâché, a été condamnée mardi à six mois de prison avec sursis pour violences envers des policiers lors de son audition en tant que témoin, a-t-on appris mercredi de source policière.

Lundi après-midi au commissariat de Juvisy-sur-Orge, où elle était interrogée dans un contexte tendu sur l'emploi du temps de son fils, le ton serait monté après que l'un des fonctionnaires lui aurait dit qu'elle n'avait pas mis longtemps à remplacer son époux décédé, selon Me Caruso, l'avocat de la femme. Une violente rixe s'en est suivie. Trois fonctionnaires ont été blessés, dont deux sans ITT (incapacité totale de travail), et une policière a été projetée contre un mur ou une porte, et s'est vu délivrer une ITT de cinq jours.

La mère de famille, qui a été jugée en comparution immédiate par le tribunal correctionnel d'Evry, a eu deux jours d'ITT, du fait de l'intervention des policiers pour la maîtriser, selon Me Caruso.