Tableau noir pour les professeurs

Laure de Charette - ©2008 20 minutes

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Grosse déprime. Plusieurs milliers de profs sont descendus dans la rue, hier, pour réclamer le droit de rester dans leurs salles de classe. Entre 4 000 et 10 000 personnes - dont un grand nombre de lycéens de la banlieue parisienne - ont défilé hier à Paris, et entre 24 % (selon le ministère) et 55 % (selon les syndicats) des personnels de l'Education nationale ont fait grève à l'appel du Snes-FSU. Leur colère est triple : 11 200 postes doivent être supprimés à la rentrée prochaine, le rapport Pochard qui préconise une modification du système d'évaluation des enseignants et de la rémunération les heures sup, enfin la préparation du bac professionnel doit être raccourcie d'un an. D'où des slogans empreints d'inquiétude martelés au coeur de la manifestation : « L'éducation se casse la gueule » ou « Pochard, au placard ».

« La qualité de l'enseignement va continuer de se dégrader si on nous enlève des collègues. D'autant que le nombre d'élèves ne cesse d'augmenter chez nous », explique cette professeur d'anglais au lycée Parc de Vilgénis à Massy (Essonne). Au niveau national, le ministère table pourtant sur 14 000 collégiens et lycéens en moins en septembre prochain. Majida, 17 ans, en seconde au lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie (Yvelines), assure que « des cours vont être supprimés, comme le latin ou l'arabe ». « C'est fou, on est obligés de réclamer des moyens pour apprendre », rigole-t-elle, bousculée par ses copains qui hurlent et dansent.