« Aucune certitude sur l'origine des fonds »

Recueillis par B. B. - ©2008 20 minutes

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Nicolas Beau

Coauteur de L'Incroyable histoire du compte japonais de Jacques Chirac (Les Arènes).

Ce compte japonais présumé existe-t-il toujours ?

Selon nos informations, il n'existe plus depuis 1999, date de la faillite de la Tokyo Sowa Bank. Nous n'avons pas pu mettre la main sur des documents comptables, mais ils faisaient partie du « bulletin de renseignement » envoyé en 1997 à la DGSE par leur agent à Tokyo. Autre certitude : le général Rondot y a eu accès vu ses propos devant les juges de l'affaire Clearstream.

D'où vient l'argent qui aurait alimenté ce compte ?

Nous n'avons aucune certitude sur l'origine des fonds. Plusieurs pistes ont circulé mais toutes sont restées sans preuve pour l'instant.

A quoi auraient servi ces fonds ?

A financer une part de la vie privée et politique de Jacques Chirac. D'après nous, il a choisi le Japon comme base arrière financière pendant les années 1990, au moment où éclatent en France les « affaires » impliquant le RPR et la mairie de Paris.

Cela éclaire-t-il différemment l'affaire Clearstream ?

Dans les faux listings Clearstream apparaissent les noms des agents de la DGSE qui ont enquêté sur le compte japonais. Or, ni Imad Lahoud ni Jean-Louis Gergorin, les deux principaux accusés, ne les connaissaient. Cela pose donc la question du nombre exact de personnes qui étaient au courant pour ces listings.

L'avocat de Jacques Chirac a menacé d'attaquer en diffamation dans ce dossier...

Nous attendons avec intérêt de voir ce que Jean Veil va faire. Nous sommes prêts à aller devant la justice, avec tous les documents dont nous disposons.