«La Grande Guerre n'a plus de visage»

REVUE DE PRESSE Ce qu'écrivent les éditorialistes français sur la disparition de Lazare Ponticelli…

20minutes.fr

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Lazare Ponticelli, décédé à l'âge de 110 ans, ultime survivant de la Grande guerre, voulait "porter le souvenir de (ses) camarades" morts au front, lui dont la vie s'apparentait à un roman.
Lazare Ponticelli, décédé à l'âge de 110 ans, ultime survivant de la Grande guerre, voulait "porter le souvenir de (ses) camarades" morts au front, lui dont la vie s'apparentait à un roman. — Michel Pourny AFP/archives

La presse française rend un dernier hommage à Lazare Ponticelli, dernier combattant survivant de la Première Guerre mondiale qui s'est éteint mercredi à l'âge de 110 ans.

Dans «La Croix», Dominique Quinio évoque «Lazare, Louis, Maurice ou Jean..., témoins de la dernière heure, qui nous laissent des récits dignes et réservés, qui tirent la même morale: l’absurdité d’une guerre dont ils comprenaient mal le sens».

Dans «L'Indépendant du Midi», Bernard Revel évoque avec émotion «le petit "Rital" analphabète que la France n'a consenti à naturaliser qu'en 1939, à l'aube d'une nouvelle guerre mondiale».

Même intérêt portée sur son origine par Denis Daumin dans «La Nouvelle République» qui relève que Nicolas Sarkozy a salué «le modèle d'intégration de cet enfant pauvre d'Italie devenu Français sous la vareuse du combattant puis le costume de l'entrepreneur avisé».

«La leçon peut être méditée»

Dans «Le Figaro», Etienne de Montety estime que «donner à son pays avant de recevoir, la leçon peut être méditée».

Revenant sur la modestie de ce dernier combattant de 14-18, Michel Vagner de «L'Est républicain» juge qu'il «mérite, contrairement à ce qu'il croyait, les honneurs de la République.»

«Lazare Ponticelli sera l'éternel porte-drapeau d'une génération envoyée au sacrifice par devoir», explique Jacques Camus dans «La République du Centre».

Enfin Didier Pobel dans «Le Dauphiné Libéré» regrette que «maintenant qu'il a fermé les yeux, la Grande Guerre n'a plus de visage. Plus de rictus, plus de regard, plus de gueule cassée. Il ne lui reste qu'un front. Ce front à jamais béant où périrent des millions de soldats.»