«On ne peut pas promouvoir l'euthanasie active, quelque soit la gravité de la maladie»

REACTIONS Selon Roselyne Bachelot, ministre de la Santé...

C. F. (avec agence)

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Chantal Sébire, défigurée par une maladie orpheline, incurable et évolutive, a annoncé jeudi avoir confié son dossier à l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), dix jours après son appel au secours pour "qu'on l'accompagne dignement dans la mort".
Chantal Sébire, défigurée par une maladie orpheline, incurable et évolutive, a annoncé jeudi avoir confié son dossier à l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), dix jours après son appel au secours pour "qu'on l'accompagne dignement dans la mort". — Jeff Pachoud AFP/archives

«On ne peut pas promouvoir l'euthanasie active, quelque soit la gravité de la maladie.» C'est la réponse de la ministre de la Santé à la demande d'euthanasie de Chantal Sébire, défigurée par une maladie incurable. Roselyne Bachelot s'exprimait sur RTL, ce jeudi.

Ils ont été plusieurs, avant elle, à se prononcer contre un changement de la loi Leonetti du 22 avril 2005, qui «réaffirme l'obligation pour le corps médical de soulager la douleur des patients et, en même temps, dit que l'intervention des médecins ne serait en aucun cas mettre fin à la vie du patient».

Un nouvel avis médical

A défaut, le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les questions de santé a proposé à cette mère de famille de 52 ans qu'un «nouvel avis médical» soit donné par un collège de professionnels. «Chantal Sébire a écrit au président de la République qui a été très touché par sa lettre. Le président a demandé au professeur Arnold Munnich (chef de service à l'hôpital Necker, ndlr), «d'entrer en contact» avec elle, a indiqué ce jeudi David Martinon, porte-parole de l'Elysée. Selon lui, le professeur Munnich «a proposé à Chantal Sébire qu'un nouvel avis soit donné sur son cas par un collège de professionnels de la santé du plus haut niveau pour que l'on s'assure ensemble que toutes les ressources de la médecin sont épuisées. Ce qui reste à prouver».

Un peu plus tôt, Rachida Dati s'était prononcée contre le recours à une euthanasie active. «Je considère que la médecine n'est pas là pour administrer des substances létales», a affirmé sur France Inter Rachida Dati. «Cette dame demande à la justice de pouvoir exonérer de la responsabilité pénale le médecin pour lui administrer une substance létale (...) Ce n'est pas notre droit et nous avons fondé notre droit et la convention européenne des droits de l'Homme sur le droit à la vie», a ajouté la Garde des Sceaux, précisant que selon elle, «la loi Leonetti de 2005 est une loi assez équilibrée. On évite un peu l'acharnement thérapeutique, mais c'est une décision collégiale, prise avec les médecins et la famille ou l'environnement. Nous sommes dans un cadre très strict, nous sommes en fin de vie.»

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Plus nuancé, le Premier ministre a pour sa part estimé qu'on était là «aux limites de l'intime, de ce que la société peut dire, de ce que la loi peut faire». «Je pense qu'il faut avoir la modestie de reconnaître que la société ne peut pas répondre à toutes ces questions», a estimé François Fillon sur RTL. «Je ne crois pas qu'il faille faire penser aux Français qu'on pourrait régler par la loi dans le détail cette question», a-t-il ajouté, soulignant que «si la justice répond négativement» à la demande de Chantal Sébire, «il reste la solution qui lui a été proposée qui est une solution qui de mon point de vue est acceptable», c'est-à-dire le placement dans le coma artificiel, sans nourriture ni eau, jusqu'à la mort.

Le président du tribunal de grande instance de Dijon doit statuer lundi sur une demande de cette mère de famille de 52 ans, qui a demandé mercredi à la justice le droit d'être euthanasiée par un de ses médecins. Bernard Senet, médecin dans le Vaucluse, a déclaré ce jeudi sur RTL accepterait d'accompagner Chantal Sébire dans ses derniers instants en lui administrant une dose de Penthotal, un barbiturique qui «tue» en quelques minutes.

Débat: Qu'en pensez-vous? Faut-il ou non modifier la loi Leonetti pour permettre une euthanasie active?