Il a eu la peau de l'ours, il est jugé à Pau

(Avec AFP) - ©2008 20 minutes

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Le procès du chasseur qui a tué l'ourse Cannelle en 2004 s'est ouvert hier devant le tribunal correctionnel de Pau. Il a donné lieu à de longs débats sur les circonstances précises du tir qui a coûté la vie à la dernière ourse de souche pyrénéenne.

Le chasseur René Marquèze, 65 ans, longuement interrogé par la présidente du tribunal et par les avocats des parties civiles, a maintenu sa version des faits. Il a assuré n'avoir tiré qu'en dernier recours, après avoir cherché à éviter l'animal lors d'une partie de chasse au sanglier sur les hauteurs d'Urdos, dans la vallée d'Aspe (Pyrénées-Atlantiques). René Marquèze a expliqué à la barre qu'il n'avait eu recours à son arme qu'après avoir quitté un abri où il s'était d'abord réfugié, et au moment où le plantigrade, lancé à ses trousses, se trouvait à quelques mètres seulement de lui.

Seize personnes étaient appelées à témoigner au cours de la première audience qui se poursuivait dans la soirée, parmi lesquelles les cinq compagnons de chasse du prévenu le jour des faits et plusieurs vétérinaires et experts, dont un spécialiste en balistique de la police scientifique de Toulouse.

Les avocats des parties civiles (l'Etat ainsi que dix-neuf associations environnementales) se sont notamment efforcés d'obtenir des précisions sur la distance qui pouvait séparer le chasseur de Cannelle au moment du tir mortel, élément clé pour juger de la situation d'urgence invoquée par René Marquèze pour sa défense. Pour le moment, les expertises n'ont pas permis de trancher sur cette question. Le procès doit se poursuivre jusqu'à demain soir.