En cas d'enfants violents, aidez les parents

David Carzon

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Une mère de famille accompagne des enfants qui vont à l'école.
Une mère de famille accompagne des enfants qui vont à l'école. — Mychèle Daniau AFP/Archives

En 2005, Nicolas Sarkozy avait provoqué une polémique en proposant la détection précoce des troubles comportementaux par des critères à la limite du déterminisme, et en se basant sur une étude contestée de l'Inserm. Le débat dogmatique qui avait suivi n'a débouché sur rien de concret, au grand dam de Sonia Imloul, fondatrice de l'association de prévention Respect 93. Celle-ci sort aujourd'hui un livre* avec de nombreux exemples concrets de violences et des propositions. Son but : que les carences éducatives et familiales qui peuvent mener à des comportements violents soient prises en charge dans leur globalité.

Si les statistiques de l'Observatoire national de la délinquance ont révélé une augmentation de 30% des violences en primaire et au collège depuis 2002, il n'existe pas d'étude globale sur ce phénomène. «On s'occupe des conséquences, jamais des causes», s'énerve Sonia Imloul. Résultat: «Des jeunes commencent à être pris en charge à 13 ans quand ils ont affaire pour la première fois à la justice, et il est trop tard.»

Pédiatre, présidente du Syndicat national des médecins de PMI (protection maternelle et infantile) et fondatrice du collectif Pas de zéro de conduite, Christine Bellas-Cabane explique que «les enseignants n'ont pas de mal à repérer ces jeunes en souffrance, mais que le problème vient des moyens qu'on consacre pour aider ces enfants. Il faut traiter l'environnement de l'enfant et qu'il y ait suffisamment d'adultes pour lui donner des repères. Les PMI font un travail important, mais comme les médecins scolaires, elles n'ont pas les moyens d'avoir une approche médicale, sociale, éducative...».

Pour Sonia Imloul, il faut refonder une politique familiale aujourd'hui ringardisée à la seule problématique de la natalité. «L'Etat doit investir dans la famille pour lui permettre d'éduquer ses enfants. Il est anormal que ce qui touche aux banlieues relève de la politique de la ville et non de la politique familiale.»

* «Enfants bandits? La violence des 3-13 ans dans les banlieues», Editions du Panama.