Lazare, le dernier poilu, n'est plus

Bastien Bonnefous (avec AFP) - ©2008 20 minutes

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Ce soldat-là, au moins, ne mourra pas inconnu. Lazare Ponticelli, dernier combattant français de la Première Guerre mondiale, est mort hier à l'âge de 110 ans. Il est décédé en début d'après-midi au domicile de sa fille au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).

L'annonce de sa mort a été faite directement par l'Elysée, qui a même indiqué qu'un « hommage national » lui serait rendu « dans les prochains jours » sous la forme d'une messe aux Invalides. Un hommage au dernier poilu comme à l'ensemble des Français mobilisés durant la guerre de 1914-1918.

Dans un premier temps, Lazare Ponticelli avait refusé des obsèques nationales, comme le lui proposait le gouvernement. Puis il avait finalement accepté « au nom de tous ceux qui sont morts, hommes et femmes » durant le conflit. Hier, Nicolas Sarkozy a exprimé « la profonde émotion et l'infinie tristesse de la nation » et a salué « l'enfant italien venu à Paris pour gagner sa vie et qui choisit de devenir Français ». Plus emphatique encore, Hervé Morin, le ministre de la Défense, a loué dans la foulée « un semeur d'espoir qui refusait la fatalité ».

Servant dans la Légion étrangère, Lazare Ponticelli était le dernier poilu français vivant depuis le 20 janvier dernier et la mort de Louis de Cazenave, autre survivant lui aussi âgé de 110 ans. A cette heure, il ne reste donc plus que huit soldats dans le monde qui ont participé à la Première Guerre mondiale : trois Britanniques, deux Italiens, un Américain, un Hongrois et un Turc.