Listes de psychodrames au MoDem

Stéphane Colineau - ©2008 20 minutes

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« Gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge. » Depuis lundi, François Bayrou goûte toute la saveur de la maxime de Voltaire. Les coups les plus déstabilisants lui sont portés par des candidats de listes MoDem, furieux d'avoir à s'allier avec leurs ennemis d'hier sans toujours discerner la cohérence de rapprochements menés ici avec le PS, là avec l'UMP. « C'est un classique des municipales, relativise Eric Azuère, proche de Bayrou. Le mode de scrutin oblige les listes à s'entendre, et les militants ont du mal à soutenir leur ancien adversaire. » Pas faux. Sauf qu'au MoDem, l'équation est plus alambiquée qu'ailleurs.

Le cas toulousain est éloquent. Lundi matin, les colistiers de la liste MoDem menée par Jean-Luc Forget donnent leur accord pour négocier avec la liste du socialiste Pierre Cohen. Problème, Forget et Cohen ne s'entendent pas. Forget réunit alors ses troupes et leur fait voter une nouvelle négociation, cette fois avec le maire centriste (soutenu par l'UMP) Jean-Luc Moudenc. Lundi soir, un accord est trouvé. Mais pas sans pots cassés. « Nous avons été trahis, je ne voterai pas Moudenc », tonne Charles Urgell, ainsi qu'une vingtaine d'autres colistiers MoDem souvent issus du centre-gauche.

Dans un autre genre, l'imbroglio marseillais est lui aussi emblématique. Membre de la liste MoDem dirigée par Jean-Luc Bennahmias, Laurence Bonnel est une ex-UMP. Pas facile pour elle, comme pour d'autres colistiers, d'avaler la fusion avec le PS. « Les militants n'ont pas été consultés. Il n'y a eu aucune démocratie » dans le parti, se plaint-elle. « On ne peut pas gérer la démocratie participative permanente avec un groupe de mille militants », tranche un proche de Bennahmias. Pas sûr que l'argument suffise.

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L'état des tractations entre le MoDem et les autres partis