«Ecole et cités ne se comprennent pas»

Recueilli par D. C.

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Sébastien Peyrat, auteur de La Guerre des normes (L'Harmattan), revient sur la délinquance des plus jeunes.

Sur quels éléments peut-on s'appuyer pour affirmer que la violence des plus jeunes est en augmentation?

Sur les statistiques institutionnelles, comme celles de l'Education nationale ou des tribunaux, qui ont affaire à des enfants de plus en plus jeunes pour des actes illicites, des violences, des bagarres, voire des attouchements. Mais on ne peut pas dire que ce chiffre explose. Ce qui est vrai, c'est que la société est en train de changer. En particulier dans les zones urbaines sensibles, où l'apprentissage des règles sociales n'est pas le même que celui de nos écoles. Il suit les codes de la cité.

Comment réagir?

Les enseignants ne sont pas préparés pour faire face à ça. Les parents aussi sont confrontés aux mêmes problèmes et sont démunis. Il existe quand même des moyens de prendre en charge les enfants à travers les cours de soutien scolaire, les psychologues scolaires en primaire ou les conseillers d'orientation-psychologue au collège. Le problème, c'est que dans des territoires où la dernière institution présente, c'est l'école, celle-ci ne peut pas faire disparaître toutes les difficultés d'une population.

Des dispositifs nouveaux se mettent-ils en place?

Oui, par exemple les plans personnalisés de réussite éducative. On fait de plus en plus de choses dans l'école, mais elles n'ont rien à voir avec l'éducatif. Il faut se demander si c'est pertinent. N'est-on pas en train de perdre de vue l'élève? Et il ne faut pas oublier que l'école et les cités sont deux mondes qui ne se comprennent pas.