« Pas de message clair d'un vote sanction »

Recueilli par Laure de Charette - ©2008 20 minutes

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Federico Vacas

Directeur d'études chez Ipsos.

Comment analyser les résultats de ce premier tour alors que la déferlante rose n'a pas eu lieu ?

En effet. La tendance est favorable à la gauche, mais on ne peut pas parler de vague rose. Attention, ces résultats ne sont pas définitifs : souvenez-vous aux législatives de juin 2007, le premier tour avait été très favorable à la droite mais, finalement, la gauche avait récupéré des points au second tour. Pour l'instant, elle s'en sort tout de même plutôt bien.

Un mot sur la participation : elle est de 3 % supérieure à 2001...

Globalement, le niveau de mobilisation est quasi similaire à celui des municipales de 2001, malgré des différences notoires selon les villes. Par exemple, elle est assez forte à Lille, traditionnellement abstentionniste. Mais on ne note pas de participation massive.

Quel message les Français ont-ils voulu envoyer au pouvoir en place ?

Il n'y a, pour l'instant, pas de message clair de vote-sanction adressé au gouvernement de François Fillon et à Nicolas Sarkozy.

Les électeurs ont-ils voté pour leur maire ou pour le parti qu'il incarne ?

A part des communes comme Bordeaux, où l'élément local a surtout joué, avec Alain Juppé, la question nationale s'est clairement immiscée. La problématique du pouvoir d'achat, très présente dans les médias pendant la campagne, a joué dans cette première étape.

Que peut-on attendre du deuxième tour ?

Si la gauche confirme ses résultats alors oui, on pourra parler d'un vote sanction. Pour l'instant, c'est trop tôt.