La gauche entend un message national, la droite un vote local

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Pour la gauche, le vote-sanction. Pour la droite, le vote local. Le socialiste Claude Bartolone, réélu dès le premier tour dans son canton de Seine-Saint-Denis, n'en revient pas : « C'est une bonne élection pour le PS, nous ne sommes quand même qu'à dix mois à peine de la présidentielle ! » Le fabiusien voit « deux dimensions » dans le scrutin : « Une condamnation de la politique économique et sociale du gouvernement Sarkozy-Fillon, et un soutien à la gestion socialiste des municipalités. » Ségolène Royal est aussi affirmative. Il s'agit pour elle d'un « vote-sanction » qui doit « s'amplifier au deuxième tour ».

Côté majorité, Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, veut croire à un vote local. Pour preuve : sa propre élection. « Je viens d'être réélu au Puy-en-Velay, terres où Ségolène Royal était arrivée en tête à la présidentielle, alors que toute la gauche a fait campagne sur le thème "il faut faire barrage à Sarko". J'en déduis que le scrutin s'est joué sur des enjeux locaux et non nationaux. » Alain Marleix, chargé des élections à l'UMP, reconnaît des résultats contrastés, mais relève que « les maires UMP sortants ont presque tous été réélus au premier tour, ou sont en passe de l'être au second ».

Au MoDem, Marielle de Sarnez n'est pas tendre avec la majorité. « Ce n'est pas un franc succès pour l'UMP et pour le gouvernement », estime la n° 2 bayrouiste, analysant un « désenchantement » des Français par rapport aux « promesses sarkozystes ». Pour Olivier Besancenot, qui note des « petites percées » de la LCR, « l'exaspération vis-à-vis des politiques nationales a profité à la gauche et à la gauche de la gauche ». Jean-Marie Le Pen fait, lui, dans l'autosatisfaction, notant « un net redressement du Front national qui était annoncé à l'agonie par beaucoup de nos concurrents ».