La gauche pousse, la droite résiste

Stéphane Colineau - ©2008 20 minutes

— 

La France des villes et des villages penche un peu plus à gauche en 2008 qu'en 2001. Le premier tour des municipales, organisé hier, a été le théâtre de la poussée socialiste annoncée. Rouen, Caen, Reims, ou Saint-Etienne ont basculé hier à gauche ou devraient le faire dimanche prochain, jour du second tour. Strasbourg et Toulouse suivent le même chemin. Paris, conquête la plus symbolique du PS en 2001, devrait rester entre les mains de Bertrand Delanoë. A Lyon, Gérard Collomb a annoncé sa victoire dès hier soir. Autre résultat emblématique, le conseil général de Corrèze, fief chiraquien, est devenu socialiste.

Ces résultats sont renforcés par un taux de participation plus élevé qu'il y a sept ans : entre 68 % et 70,5 % selon les estimations, contre 67,29 % aux municipales de 2001. Les dirigeants du PS ont multiplié hier soir les interventions pour se féliciter, tout en se gardant de claironner. Ils ont volontiers discerné dans le vote des Français une alerte lancée au gouvernement. « Ce premier tour marque la volonté d'avertir le Président et son gouvernement sur la politique menée depuis neuf mois, en particulier sur le pouvoir d'achat », a résumé le patron du PS, François Hollande, rejoint sur ce point par François Bayrou. « C'est un vote d'avertissement », a estimé le leader d'un MoDem en position d'arbitre dans de nombreuses communes.

Par comparaison à la gifle qu'elle craignait, la majorité a presque apprécié cette simple remontrance des électeurs. Les chefs de file de l'UMP se sont appliqués, hier soir, à dédramatiser ce revers provisoire, en lui ôtant toute signification nationale. « Ce qui est en jeu, c'est la gestion de nos villes, de nos départements », a insisté François Fillon. Socialistes et sarkozystes se sont au moins entendus sur un point : tous ont appelé les six millions d'électeurs qui se sont déplacés pour la présidentielle mais pas pour les municipales à se rendre aux urnes dimanche prochain.